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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 06:46
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !

 

 

                                Les touristes ont déserté les plages du Languedoc,  certains profitant des derniers rayons arpentent encore l'arrière pays. Tout est plus calme, plus serein, même l'air, les visions ont changés pour laisser place à septembre majeur.

                                Septembre c'est une sorte de résurrection,  une ré éclosion,  un bis de la vie, une deuxième chance avant le déclin hivernal. On prends le temps, on le respire, on élargit l'horizon. Les premiers pétrichors automnaux poussent le vigneron vers l'intérieur et c'est tout naturellement qu'il rejoint sa cave un peu anxieux.

 

                                 C'est le temps du recul,  c'est le temps du vin, c'est le temps qu'il faut, le temps de la patience. Parce qu'il va en falloir du temps de la cueillette à la bouteille.  Du temps que l'on ne peux réduire,  du temps qu'il ne faut pas réduire. Le temps de la passion. Septembre majeur,  comme une idée du bonheur.

                                 C'est la joie de la récolte et la méditation au chai. C'est le rire au couchant autour d'une table les traits tirés,  les dos fourbus. C'est l'intériorité du levant, des matins calmes à écouter le frissonnement des cuves,  à saisir au vol une odeur volatile et subtile. Septembre majeur c'est les cinq sens en action et l'intuition en appui.

                                 La porte de la cave grande ouverte pour recevoir le raisin.  Du dedans on voit le dehors, le soleil se lever. C'est parfois beau à pleurer ces moments d'intimité avec ses cuves.  Le reste de l'année le vigneron passe par la petite porte, confetti de la grande, en courbant l'échine, pour ne pas se cogner. En dehors de septembre on pénètre dans  le chai en baissant la tête,  la porte miniature rend humble, c'est un peu le contraire des ministères.

                                 Les journées encore chaudes mouillent les fronts, les vignes récalcitrantes tordent les dos, les raisins maculent les mains d'un rouge lie de vin et les conversations allant grand train le matin s'estompent vers midi et ne reprendront qu'autour du repas où toutes les audaces sont à nouveau permises. Les soirs  éthérés de flacons, saouls de soleil,  remplis d'amitié comme autant de combattants nous tombons sous les assauts de la fatigue pour rejoindre épuisés nos pénates afin de recharger car demain est un nouveau jour, une nouvelle aventure.  Le vin  aide à dormir, le vin aide à rêver., le  vin aide à créer.

                              C'est le temps du présent.  Septembre majeur où  l'on ne pense même plus au futur,  ou l'on ne pense pas à hier. On vit au présent,  on fait du vin, c'est notre vocation,  notre unique  ambition et pour  nous y aider septembre arrête le temps et emporte avec lui les tracas usuels.

                              La soulenque repas traditionnel de fin de vendanges sonnera le glas d'un mois lumineux , de moments hors du temps faits d'humains, de raisins, d'ambitions mesurées, de jus devenant vins, d'éclats de rire, de cernes, de questionnements , de renoncements et d'étonnements.

                            Le mystère naît dans les cuves sous le regard protecteur du vigneron, du guide,  du berger.

Vendanges  2019 à Cadablès.

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 18:31
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.

Canicule.

 

 

Depuis hier je cherche un angle. Un angle pour vous parler de ce qui s'est passé. J'ai du mal, je ne trouve pas, puis soudain l'éclaircie, j'ai trouvé : l'angle mort !

 

La saison s'était bien passée et nous avions mis un zèle particulier au travail des parcelles, tant l'année d'avant avec l'invasion exceptionnelle et exponentielle du mildiou, avait semé dans nos têtes le désarroi, l'inquiétude, le trouble et nous voulions pour ce millésime de beaux raisins, des sols nickel et tout ce qui fait le bonheur simple du vigneron. C'était pas mal et ce mois de juin 2019 laissait présager une récolte plus que correcte, intéressante. Nous allions pouvoir nous refaire la cerise et puis le 28 est arrivé. Cataclysmique !

 

C'est en rentrant de chez un caviste que j’aperçus les premiers stigmates. Le soleil au zénith entre midi et deux , ne laissa aucun répits à la plante. Le retranchement des feuilles, le resserrement des cellules, le repli sur soi de la matière n'eut aucun impact sur les coups de butoir de l'astre chauffé à blanc. La vigne a résisté autant qu'elle pouvait et les plans les plus exposés ont chauffés et l'immense souffle brûlant a détruit sur son passage une bonne partie de notre récolte.

 

Nous ne sommes pas égaux devant les péripéties naturelle. Pour le cas, presque surnaturelle, car historique, sans préalable. Les parcelles exposés au plus chaud, les derniers traitements au souffre, les feuilles à cette période un peu plus fragiles en cette saison théoriquement moins chaude ont, comme un fœtus de paille, disparus sous l'intensité ,laissant par endroit des raisins amorphes orphelins de leur protection. Nos vignes à faibles rendement , à faible vigueur n'avaient-elles la capacité de résistance ? Que nenni, Du jamais vu !

 

Le site de Cadablés, pour les bâtiments, date peu ou prou du 16 éme siècle. Nous avons retrouvé dans une vigne une pièce romaine datée du début de notre ère. Un confrère romain l'aura perdu comme nous pouvons perdre désormais un euro tombant d'une poche mal fermée. La vigne est cultivée ici depuis des lustres. Nos successeurs trouveront ils l'euro perdu au hasard d'une dune dans le désert qui s'annonce ? Car le problème est bien celui ci, le climat change. Devons nous le crier, le hurler pour que vous entendiez dans vos cités trop occupés à conceptualiser un avenir robotisé.

 

Fantassins du changement climatique nous, vignerons, paysans sentons bien que quelques choses se passe, que l'évolution devient négative, anormale et les récoltes sur la sellette de plus en plus aléatoires, de plus en plus compliqués à faire aboutir. Mais tout ces efforts consentis, c'est pour vous nourrir, vous faire respirer, vous faire émaner. C'est un don, c'est de l'affection, une forme d'amour, une considération, un égard magnifique.

 

L'angle mort d'une terre asséché, désertifié à grand renfort de consommation outrancière pour perdre l'essentiel en voulant s'offrir le superflu. Il va falloir changer, évoluer. TOUS !

 

En sentinelle de notre environnement, comme une tour de guet nous le sentons de tous nos sens à la vigne, aux champs, aux culs des vaches, de la hauteur de nos collines, de la sensibilité de nos émois et vous le transmettons parfois maladroitement mais avec une sincérité authentique pour ceux que le bon sens n'a pas quitté. Comment faut il s'y prendre pour arrêter l’hémorragie ? Pour arrêter de trimballer 50 kilos d’ego dans une tonne de ferraille, pour "dèclimatiser" et retrouver le goût salé de la sueur, le bonheur de l'effort, pour ne plus s'envoyer en l'air pour un selfie à l'autre bout du monde. La croisière s'amuse pendant que les récoltes brûlent et dans la surabondance artificielle c'est à crédit que nous hypothéquons l'avenir du vivant.

 

Réagissons dans l'action, dans le sens, goûte après goûte en sautant les obstacles joyeusement, humainement pour que demain soit moins violent qu'aujourd'hui,

 

 

 

Dans l'angle mort de mon rétro j'ai vu subrepticement une fleur des champs qui me fit un clin d’œil. Sensation hallucinatoire revigorante, comme une amie, comme un espoir, comme une onde que l'on voit danser au fil du vent pour me dire que j'étais à la bonne place dans mon dessein. Bien ancré dans le sol, la tête au ciel les pieds sur terre pour mettre des pieds au cul aux sourdes oreilles alentours. Pour continuer avec enthousiasme à cultiver nos parcelles millénaires tant que le soleil, la lune, les étoiles m'en laisserons le loisir. Après je me laisserai guider par ma boussole intérieure comme un touareg !

 

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 09:42
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?

 

Bio or not bio ?

 

Vaste question et beaucoup ont du mal à faire la part. C'est ainsi qu'au cours de nos rencontres, de nos voyages, de nos sorties nous entendons tout à ce sujet, un savant mélange médiatique dans la tête de beaucoup, leur fait prendre des vessies pour des lanternes. La confusion est telle que peu arrivent à déterminer, à expliciter clairement tant le mélange des genres fait loi au royaume de la vigne et du vin et plus largement de la production agricole.

 

 

Conventionnel, raisonnée, bio, bio-dynamique, nature, sans sulfite, agro écologique, local, circuits court et tutti quanti !

 

La sémantique à ses raisons que la raison ignore et c'est en toute logique que l'on nomme conventionnel une agriculture née après guerre et qui s'autorise des molécules dites "chimiques systémiques", des désherbants, des insecticides et toute '' joyeuseté '' de ce genre pour lutter contre les ravageurs. Agriculture promulgué par un modèle, par une société, par un consommateur et qui continue de nos jours à être le point cardinal de notre production. Agriculture qui maîtrise son sujet et qui globalement répond à l'essentiel de la demande. Agriculture qui, au fil du temps, prenant en compte la pression sociétale a créée le label "Agriculture raisonnée" en s'engageant à raisonner l’épandage, à réfléchir au sujet et à ne pas mettre plus que nécessaire de produits dégradants l’environnement. Basé sur un autocontrôle cette vertueuse, un tantinet opportuniste, surfe sur la vague du "tout propre-tout net" et fait toutefois des efforts soutenus, souvent par des subventions pour garantir au consommateur un rapport qualité/prix satisfaisant. Pour le coup, not bio bien que parfois le marketing laisse entendre que la raison l'est à moitié voir au trois quart. Que nenni !

 

Alors bio, what is it ?

 

Une agriculture qui s'engage à suivre le cahier des charges édicté par l'UE, qui s'engage à n'utiliser que des produits de contacts pour ses traitements, à ne pas mettre de désherbants, à ne disposer que de certains insecticides, sous certaines conditions que d'ailleurs les puristes réfutent. Cette agriculture basée sur une philosophie de vie, de culture longtemps caricaturée a existé, de fait, durant des siècles, est aujourd'hui plébiscitée largement par un public de plus en plus féru d'authenticité, de vérité, de naturel à tels point que les industriels commencent à s'en emparer et couvrent le segment d'entrée de gamme du secteur et c'est ainsi que nos grands magasins se verdissent l'ego en tamponnant bio par ci, bio par là. Est-ce un mal ? En tout cas un bon business pour certains.

 

Et les artisans, les artisans d'art du bio, dont on se revendique à Cadablès, vont au delà du bio en associant la cause à un autre mode cultural. Qu'il soit agrécologique, biodynamique il apporte qu'un plus quasi nécessaire et corrobore l’engagement, le souligne, le renforce. Lorsque la limite du cahier des charges Européen est atteinte c'est en vertu de lois millénaire qu'il convient d'agir. A titre d'exemple il n'est pas obligatoire en bio de cultiver toutes ses terres selon la méthode. On peut être, pour le commissaire, en quelque sorte à voile et à vapeur et ne produire que partiellement en bio, partiellement en conventionnel sur la même propriété. Étrange paradoxe !

 

Aller plus avant et associer des notions d'agro-écologie parait alors opportun pour encourager un mode de culture. L'agro-écologie est un grand sac duquel chacun sort sa définition, son concept. Pour nous elle se résume à intégrer la culture – en l’occurrence la vigne – dans un ensemble cohérent, vivant, équilibré à la fois animal et végétal. Pour se faire des méthodes ont été mises en place. Favoriser la biodiversité, réintroduire des animaux sur la propriété, chasser de nos terres la monoculture, encourager la vie sous quelque forme que se soit à la vigne, aux champs, aux friches, aux talus, aux chemins, aux ruisseaux, aux bois pour que l'ensemble exulte. C'est intégrer l'écologie dans un système agricole pour contribuer à la vie, à la survie de celui ci. Un retour vers le passé en promulguant une agriculture paysanne et traditionnelle sans saupoudrer notre label de mesurettes à la mode, d'actions de circonstances mais en prenant des mesures de fond pour un bio vrai, authentique, sans fard et sans ambages.

 

Et aller plus loin encore en stimulant, en affinant, en connectant aux étoiles, à la terre, aux éléments en remettant au centre des préoccupations le rythme, la nature profonde des choses, l'infinitésimale sensibilité de la vie. C'est plus que du bio, c'est de la biodynamie. Un ésotérisme complexe définit par Rudolph Steiner pour l'agriculteur au début du siècle dernier.

 

A l'aide de méthode précise la biodynamie propose de reconnecter le visible à l'invisible. Une sorte d' homéopathie pour la plante. Une finesse d'approche pour dynamiser subtilement et accorder la production en sol majeur. Conséquence logique d'une recherche agricole engagé, paysanne, bio, agroécologique que nous étudions désormais, que nous mettons en place imperceptiblement à l'instar de Monsieur Jourdain parfois sans le savoir. Le temps de l'étude, de la cohérence, de la réflexion, de l’observation passées, pas à pas nous progressons vers ces méthodes.

 

Alors que l'agroécologie n'a pas de label la biodynamie est validé par un organisme ( DEMETER) qui contrôle, encourage, assiste à condition d’être bio. Certain font et ne demandent aucun label. Ce fut longtemps notre cas pour le bio. Sorte de résistance à toute bureaucratie envahissante c'est nos importateurs qui nous y ont poussés. Pour l'heure en bio "officiel" depuis peu nous réfléchissons à aller officiellement plus loin. Nous mettons en place sur le terrain, c'est la l'essentiel et verrons les tracasseries administratives plus tard.

 

Après une saison à la vigne c'est en cave que s'exprime toutes ses prérogatives prises sur le terrain.

Faire du vin nature - là aussi aucun label – sans sulfites et sans levures comme le font beaucoup de nos collègues, nous n'y tenons pas. Nous sulfitons, petitement, très petitement et voulons garantir à nos vins cette stabilité. C'est un choix et par conséquent ne sommes pas nature sans y être trop loin non plus. Des polémiques intestines et nombrilistes naissent dans le milieu sans que le lambda n'y pipe grand chose et chacun allant de son argument dévastateur repousse dos à dos les pros et les anti. A Cadablès nous faisons le vin que l'on aime, naturellement !

 

Ce vin qu'il va falloir vendre en circuit court, en local, à l'export à qui voudra le boire.

En local nous sommes nombreux a nous affairer et l’autochtone aura du mal à ingurgiter toute la production . Et c'est ainsi que nous favorisons en toute logique les circuits court, via des pros, en évitant les intermédiaires afin de distribuer notre travail à travers la France, l’Europe, parfois plus loin. Toucher le consommateur avec le moins d’intermédiaires que se soit en France ou à l'export.

 

Consommateur qui se perd dans toutes ses définitions, dans toutes ses agricultures. Consommateur qui se perd dans ses propres paradoxes aussi, à qui je tente d’éclairer le chemin en essayant d’être clair et concis. Ce n'est pas véritablement facile au regard de certaines étiquettes sans éthique que l'on croise par ci par là élaborées par des services marketing opportunistes qui sans vergogne volent l'image, le travail, la sueur paysanne.

 

Alors pour être sur : que faire ? Se cultiver, lire, questionner, comprendre, sélectionner, visiter, goûter, critiquer, gêner. Trouver chaussure à son pied, vigneron à son palais. Et puis ici même nous pouvons en reparler. C'est un angle, un avis : le notre ! Si vous avez des questions, des avis ? N'hésitez pas...

 

What else !

 

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 08:07
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême

 

Le baptême :

 

Alors cet enfant pourra aller décrocher des étoiles. Il faut donc lui offrir un bâton et un élastique et même peut être, un marteau et des clous et des planches et des genoux cagneux et des cheveux crasseux. ...

 

L' enfance comme on a du mal à y retourner il vaut mieux bien la vivre. En liberté, en simplicité. C'est l'antichambre du bonheur.. Nous, nous avions au moins la liberté inconditionnelle des années 70 où l'on pouvait vaquer sans œil inquisiteur dans les rues alentours, à l'époque où la norme n'avait pas encore imposé son diktat. A l'époque où l'on pouvait à sa guise humer les vents de liberté. Dans les années 90, nos enfants profitèrent de la liberté insulaire où l'espace d'imagination était sans limite sous le regard amusé des corses du village.

 

A moins, que pour la gêner, nous l’informatisions à outrance cette petite, que nous la collions devant des écrans systématiquement, que nous lui interdisions les doigts dans les pots de confiture, les carlingues déglinguées, les cheveux aux vents et la morve au nez à freiner à vélo en usant ses godasses...

 

Après tout nous pourrions en faire un robot bien servile, programmé, sans odeur, sans saveur : serviteur. Nous pourrions au zoo d’attraction lui montrer un monde policé, consensuel, programmé, glissant entre deux rassurantes barrières à ne pas sauter, attiré par la sucrosité du machin qui se dandine au bout de l'allée. Nous pourrions avec elle aduler quelques stars de pacotille et y faire perdre le goût de l'envolée... Nous pourrions tout lui offrir pour faire semblant de trop l'aimer sans jamais trop y parvenir. Nous pourrions et nous pourrions et nous pourrions..... Et nous pourrions tout gâcher à vouloir satisfaire nos phantasmes d'enfant si parfait.

 

Qu'a cela ne tienne nous planterons dans sa caboche des adventices braves gens, nous suivrons nos chemins à l'envers. Nous nous arrimerons à l'espoir d'un décalage, d'un écart de conduite, d'un iconoclasme surgit d'on ne sait où , d'un atavisme douteux, d'une prière païenne. Et ce fut le discours, dont on me chargea le jour de son baptême :

 

«  Comme un symbole d'entrée dans notre famille d'esprit, on te trampouille les pieds dans la fontaine, d'où jaillit une eau si claire, si fluide, si franche, si honnête, par conséquent si opulente pour nous rappeler sous le soleil, que finalement ont revient toujours aux sources. Que la vie, la liberté et la création soit plus forte que tout et, que ton cœur te guide où que tu ailles , quoi que tu fasses. »

C'est avec ces mots que nous l'avons accueillis dans notre clan le jour de son baptême portée au bassin, tremper ses petits pieds, pour une réception civile où nous voulions, comme une genèse, l'esprit haut placé reprendre le pouvoir sur les institutions dépassées depuis longtemps par les événements.

 

Les parents, consciencieux, avaient préalablement fait tout comme il faut, en conscience, en demandant aux autorités de bien vouloir, sur les fonds baptismaux porter l'enfant mais le curé surbooké leur avait sur un ton, répondu d'une façon autoritaire, péremptoire, ridicule. Les injonctions du prélat ecxitérent les parents furibonds et ils me demandèrent de baptiser à la fontaine ma petite fille devant la famille, les convives réunis.

 

Au départ, pour un pied de nez, il était prévu que je me grime en moine mais je préférai élever le débat et ne pas créer de polémique supplémentaire . L'idée déjà de reprendre le pouvoir en mon antre me flattait suffisamment sans que j'aille en plus en rajouter, La cérémonie fut simple, bonne enfant et je ne doute pas que le brave Jèsus fut présent dans l'esprit de beaucoup.

 

Un grade de plus sur nos poitrines gonflés à plein poumons, nos têtes poivre et sel dans les nuages. Nous guidèrent nos invités sous les oliviers où 'ensuivit une garden party de haute tenue et l'enfant naïve, souriante gigotait dans son parc à autant de sollicitude. Une simplicité toute campagnarde et les bouchons sautèrent allégrement et c'est au son des plocs que les gosiers se délièrent pour un après midi de béatitude aigu, de farniente, de rencontres, d'échanges familiaux et amicaux. C'est l'heure où les vieux desserrent les nœuds de cravate, se délestent de la veste, se passent la serviette sur le front alors que les enfants courent encore à tue-tête. On va apprendre des choses !

 

 

La chaleur du mois d' août eut vite fait de nous engourdir. Par ci, par là des hamacs tendus, des bottes de paille sous les oliviers, de vieux fauteuils revisités, un peu de gazon pour patienter jusqu' à la fraîcheur relative de la soirée ou tout recommença sous les lampions, sous les guinguettes donnant une aura bohème à l'endroit. C'est le moment où les vins se re-dégustent, sortent de leur torpeur, s'harmonisent et exhaussent la joie d’être là. C'est de la vie au présent. Du temps que l'on arête l'espace d'un instant et les idées éthérées par la finesse des flacons nous revoilà à parler d'avenir, à détricoter le pays pour en faire un éden, à narguer untel, à encenser un autre. Et les rires fusent et se perdent dans la garrigue alentour sans parvenir au village lové derrière la colline. Et la magie passe au regard de quelques rapprochements improbables, de quelques rencontres incongrues.

 

C'est le baptême. C'est l'avenir que l'on fête dans l'humain. C'est un grade de plus à chacun. C'est un bilan que l'on fait sur soi même. C'est l'espoir d'une continuité. C'est un sourire. C'est la vie dans le sens de la vie un jour lumineux d’août à Cadablès en buvant un peu trop de vin.

 

Quelques semaines avant ce fut un mariage ; étincelant, vibrant. Sur la route de la vie, bien semé, la joie inonde, essaime dans la continuité et le mas, accroché au volcan enregistre dans sa minéralité les vibrations du quotidien pour le transmettre à qui sait écouter.

 

Des instants partagés à l'abri des oliviers pour garder en mémoire la venue d'une enfant et se souvenir un jour que nous avons créé sur les pentes du volcan, que nous avons fait un grand rêve, que nous avons fait du vin !

 

 

 

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 07:47
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
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 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.

Débits du beau, crédits du laid.

 

C'est en se promenant, en musardant, en conduisant sous la limite autorisée que cela saute aux yeux. De bourgs en villages , de bourgades lovées en cités déployées une évidence apparait. Le beau perd du terrain, le laid en gagne. Nos campagnes s'enlaidissent d'un laisser aller architectural, d'un laisser aller paysagé, d'une négligence collective, d'un commerce déclinant poussé dehors par des zones commerciales inaugurées en grande pompe. Et tout un esprit dépérit, s'amenuise au fil du temps pour laisser place à la médiocrité environnementale.

 

Jadis poussèrent ici des bâtiments gracieux du plus humble aux prestigieux comme si le soucis d’esthétique guidait la main des façonneurs, irriguait l'esprit des concepteurs. Les circulades témoins d'un temps révolu, les petites églises, les chapelles, les châteaux, les places de villages animées d'accents toniques et dans les moindres recoins des murets séculaires, des sources bienfaitrices, des croix, des calvaires en souvenir auréolés la campagne d'un charme discret et désuet. Et les haies, les bosquets entretenus, les figuiers, les pêchers au bord des vignes, les petites parcelles et les mazets témoins d'un temps à la culture biologique séculaire.

 

Des souvenirs, des histoires, racontés, embellis, arrangés de générations en générations abondent dans le folklore sudiste, dans la culture de la galéjade, de l'exagération systématique afin que tous comprennent. C'est tout un passé, tout un esprit que le Languedoc.

 

Au fond l'esprit persiste au grand soleil. Cette culture villageoise est encore bien vivante mais le cadre se détériore , le décor de nos élucubrations méditerranéennes perd de sa superbe envahi par l'essor démographique galopant, par des lotissements sans queue ni âme à l'architecture guidée par l'intérêt, par des pancartes aux couleurs criardes, des commerces déguenillés, des autos envahissantes et parfois même des constructions inénarrables autorisées par des alcades peu ouverts à la beauté comme si l'on avait perdu les sens de l 'intérêt commun.

 

La dégringolade coopérative des dernières années a laissé dans le tableau quelques cadavériques constructions à l'abandon total et l'on construit à deux pas dans une frénésie absolue  de nouveaux bâtiments pour aller de l'avant, en gommant un passé qui a du mal a se réinventer.

 

On a presque l'impression que le hameau veut devenir village, le village bourg, le bourg ville en prétention de pacotille pour exploser au regard du voisin . C'est la grenouille de la fable ! Comme une soif de pouvoir sans cesse à étancher pour un développement qui n'a rien de durable, une course en avant égotique ou le moi l'emporte dans une compétition où le commun, le général, le cœur est relégué en dixième division , comme si l'on était sur un carré vert où il faut forcément briller, compétiter alors que l'on pourrait se contenter d'exister et proposer du beau à bout de champ, à bout de rue en s éloignant du panurgisme général. Juste porter le regard de côté , juste faire un peu différent , juste oser, peut-être même devenir précurseur et arrêter d emblée cette folle course en proposant du beau à foison, du plaisir de vivre, du bonheur d être là . Tout simplement! Visiblement nos décideurs ne sont pas simple et ce calquent trop sur la moyenne basse de la pensée commune sans imaginer et sans oser la différence.

 

A l'instar de la presse locale qui nous annonce à grand titre un classement parmi les plus pauvres sans pour autant donner des pistes, nous nous laissons tomber comme une feuille , tourbillonnant au gré du vent, sans réagir, fatalistes en ignorant les trésors enfouis, éblouis par les lumières artificielles d'un développement outrancier et dangereux. En bordure de nos cités urbaines de nouvelles surfaces commerciales pourvoyeuses de précarité, de mauvais goût et de rabaissement culturel fleurissent d année en année comme si le pouvoir de dépense consumériste devenait élastique. On en arrive à doubler les routes, les rails, les zones, foulant du pied un environnement exsangue qui commence à nous rendre la monnaie à grand coup de cataclysmes.

Et arrêter cette course folle, redécouvrir le juste, le bon en éjectant les brutes et les truands pourrait paraitre compliqué mais des initiatives dans tous les sens naissent, émergent, sourdent en essaimant un fol espoir. A quand le basculement !

 

Que nenni ! Le laisser-aller général, le bon niveau de vie, le manque d'appétit , le manque de folie, le manque de confiance inhibe trop souvent les masses mollassonnes et les fait se ré-asseoir devant leur grand écran, ébètés , ébaillis, engourdis pour aller consommer à outrance dans de belles surfaces toutes neuves et tirer une balle dans le pied de leur progéniture sucrifiée. Et pendant ce temps les manipulateurs divisent.

 

Les fleurs des champs ont du souci à se faire à moins qu' elles naissent sous la férule d'un paysan bienveillant dans une réserve où l'on emmènera bientot les bambins excités pour leur montrer la différence entre une chèvre et une vache.

 

Notre bel esprit troubadour survivra t il ? Beaucoup y travaillent bien que l'écrin de nos agitations se rétrécisse. Malgré tout, existe encore des zones préservées, des initiatives heureuses voient le jour et l'espoir d'un monde rural harmonieux se conjugue souvent avec une myriade bienfaisante d'accents de tous horizons sous les frondaisons.

 

Le local en réponse à une mondialisation décomplexée ne serait-il pas un pari que le consommateur pourrait tenter plus avant ? Joyeusement, en donnant, en échangeant, en boycottant, en s’intéressant, en osant, en risquant, en réfléchissant à ses propres paradoxes, en investissant, en achetant. A pratiquer sans modération, presque comme un loisir avec en plus le goût de l'autre.

 

Perte de fébrilité indispensable pour créer ce monde qui point et ne pas rester à la traîne de l’initiative. Pour l'heure, nous, paysan, on sent bien un balbutiement, un embryon que l'on trouve parfois timide, en tout cas loin d’être généralisé mais qui a la vertu d'exister et qui ne demande qu'a croître . Croisons les doigts, croissons ensemble car le jour où l'on aura perdu l'énergie d'une nourriture pleine de sève, pleine de sens et enrichi scandaleusement quelques lobbies nous pleurerons nos paysans disparus en criant à la magouille, à l'énergumène , au complot en oubliant nos responsabilités d'hier, nos consommations de la veille. Nous avons le pouvoir mais nous ne le voyons pas.

 

En s'entourant de beau, on produira du bon car il y a encore de la marge dans nos contrées sudistes , de beaux endroits encore sauvages , non envahis, non débités à mettre au crédit de je ne sais qui mais gare aux ambitieux férus d'affreux développement.

 

L'avenir ici est à conjuguer dans la douce harmonie, dans l'humanisme. Une sorte de retour en arrière, un retro-pédalage pas du tout réac mais réellement progressiste. Les racines !

 

Créditons donc notre avenir de fleurs des champs, d'une robe légère, d'un esprit d'acrobate, d'un rayon de soleil, de sable fin, de vent qui nous parle à l'oreille pour nous dire ô combien il croit encore en nous, pour nous susurrer qu' il voit encore dans ces valeurs désuètes , dans nos sociétés en sueur de courir dix lièvres à la fois, la force d'une main tendue, d'un sourire amical pour nous redonner l' énergie d'exister, de créer. Pour nous rappeler que la proximité est là, à côté .

 

C'est fou ce qu'une promenade bucolique sous la limite autorisée peu faire naître dans nos têtes lorsque l'esprit part en goguette, lorsque l'esprit perd la raison, lorsque le cœur prend le pouvoir.

 

Sans trop se forcer nous avons réussit à changer le climat, en faisant un effort on peut bien changer le monde, si on s'y mettait , chacun, dans son coin, simplement, calmement à se changer soi-même, à entreprendre dans le sens . Alors, peut-être . Utopique ? I don't know !

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 06:34
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.

 

 


Des mains bienvenues venues d'Allemagne, d'Amérique, de moins loin aussi, d'à côté  pour sortir des vignes la récolte 2018.  Des mains éclectiques aux doigts larges, aux doigts fins, à la paume généreuse. Des mains entaillées,  maculées, immaculées,  professionnelles,  néophytes,  amicales. Des mains tendus. Des mains à l'avant bras solide, des mains aux épaules larges, des mains qui suent,  des mains qui savent, des mains qui donnent, qui se tendent au hasard des rencontres, des échanges.  Des mains aux coudées franches. Des mains cornées,  des plus tendre.  Des mains qui pensent,  qui ajustent le geste . Des mains qui regardent, qui scrutent dans la pénombre de la cave. 

Des mains de qualité pour un 2018 manuel.


C'est toute la magie de l'intelligence manuelle qui ressort durant les vendanges, les vinifications.  Le geste simple, précis,  essentiel. Guidé par le cœur la main tremble moins et parfois empirique,  parfois académique elle fait, elle fabrique le millésime.

Les petites mains si utiles ramassent, trient, portent, lavent. Pour cela nos wwoofers toujours enclin à de nouvelles expériences ont répondus présent et les amis de Cadablès en relais essentiels apportent leur joie, leur énergie et des rencontres internationales naissent autour de la table un verre à la main. C'est surtout ça les vendanges, une histoire d'humain, une histoire de main.

 

Notre équipe de l'année en possédait une bonne douzaine et celle des amis, des copains s'y joignirent sous le fier soleil de septembre pour couper les raisins, les rentrer,  les encuver,  les égrapper. Il n'y a jamais de mains en trop. Parfois au hasard d'une vigne gronde au loin une monstrueuse machine à vendanger sans main, sans bras, à la cervelle électronique sentinelle d'une viticulture moderne qui a exclu en partie la main, qui a exclu les colles du paysage.



A la vigne, épargnées par ce  foutu mildiou les baies restantes ont profité de belles conditions pour s'exprimer et les premiers jus prometteurs s'affinent en cave guidés par des mains plus expertes. Demi récolte sauvé des affres du printemps sans pour autant inonder de bouillie nos feuillages,  en restant dans la modération de la culture bio. Ce qui est perdu est perdu et le reste des grappes,   saines, très saines nous donnent matière à vinifier  dans des conditions optimales grâce à un climat opportun durant  ce septembre estival où le ciel se croyait encore en été et poussa nos mains sur nos têtes à réajuster nos chapeaux dégoulinant de sueur.

 

Même en demi récolte le travail n'est pas moindre. Les vendangeurs cueillent en colle, chantent parfois en cœur quand le raisin est abondant, quand la chaleur décroit, quand les vendanges finissent.

 

Efforts froissant les dos, maculant les mains d'un rouge lie de vin parfois entaillées par un sécateur trop vif.

 

Joyeuses conversations les matins frais, mutisme monacal les après-midi chauds pour peu que l'on ait bu au repas du midi. La verve reviendra bien plus tard lorsque les dos vrillés par l'effort constant se déplieront, lorsque le soleil descendra dans le ciel pour saluer la colle suante, collante, éreinté.

 

La définition officielle : groupe de vendangeurs de 8 coupeurs, 2 hommes transporteurs de comportes, 1 homme presseur de raisin dans la comporte, 1 videur de seaux. A Cadablès on ne presse plus dans la comporte car il faut garder intactes les baies pour plus de qualité.

 

La récolte achevée le traditionnel repas : " la soulenque" est l'occasion d'agapes, de rencontres, de joies, d’au revoir, de chants, de guitare, Une manière toute languedocienne de saluer l'an qui finit et parler de l'an qui vient, Le roi est mort, vive le roi.

 

La soulenque, encore une occasion de goûter les millésimes passés, toujours en magnum, question praticité.

 

Repas toujours gargantuesque : la peur de manquer, opulence rurale et remerciements inconditionnels pour une soirée où l'esprit éthéré par d'élégantes vapeurs nous utopisons un monde bio, équilibré, humain, sensible.

 

C'est assez simple à la main. C'est traditionnel, presque un peu réac. C'est amical et l'on cultive l'authentique en " polyglotant". Les gens se rencontrent, se parlent, sympathisent, fraternisent. On rient beaucoup surtout, à gorges déployées, ont part aussi parfois sur des sujets plus sérieux où chacun apporte sa pierre à l'édifice, son avis, sa culture, sa différence, sa contradiction.

 

A vrai dire, un peu dépité au départ, nous pensions ne pas avoir la main sur la récolte tant étaient éparses les grappes et c'est la tête enfouie dans les souches, aidés par des mains rassurantes, que nous découvrîmes que la baisse, bien qu'importante, était moindre que l'avaient estimé nos regards noircis par le coup historique de mildiou.

 

Chaque année apporte son lot de désillusion et d'illusion. La main dans le chapeau les astres tous les ans nous resservent autant de surprise pour nous apprendre à lâcher prise, à se dire que ce métier a peut être une fin, à rester humble, que l'on a rien sans rien et nous rappeler que l'on s'est engagé dans une merveilleuse aventure pour le meilleur et le moins bon.

 

Il est l'heure, fin septembre, de se retrancher dans sa cave pour peaufiner les vins, les terminer, les goûter, les analyser, les laisser mûrir, ceci avant l' année d'élevage nécessaire à la qualité. Les mains vont devoir encore agir et réagir et puis, pour boucler la boucle, in fine, on sait déjà, que le buveur final, n'aura plus qu'à mettre, après tout ces efforts consentis, la main à la poche.

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 07:12
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.





C'est une drôle d'histoire, quasi avec un grand H, car elle remonte, mais bien que locale elle fit couler de l'encre et se promulgua bien au delà du volcan, à des encablures de la colline de Cadablès.  Elle vient de faire - cette histoire - le sujet d'un bouquin. Elle est, dans le fond,  assez extraordinaire,  issu d'un miracle, d'une coïncidence géologique. On a trouvé du pétrole à Cadablès !

 

Du pétrole au pays de l'or rouge ?

Allez c'est parti, je vous explique. Non, ce n'est pas une galéjade, une espèce de fantasmagorie villageoise qui au fil des ans aurait pu, dans nos têtes ensoleillés, voir le jour et se '' légendifier '' à force de répétitions,  de téléphone arabe. C'est une réalité scientifique, probante et bien réelle qui ne laisse aucune place à la poésie ambiante.

On a trouvé du pétrole à Cadablès ! Le même qu'au Texas et l'histoire à commencé au 16 éme siècle lorsqu'on découvrit, au bord de la rivière Tongue effleurant d'un rocher un onguent pétrolifère qui remontait à la surface, mélangé d'eau et à qui l'on attribua, après maintes études, des vertus thérapeutiques indéniables. La source fut alors, au fil des ans exploités, agrandi, creusé, curé, nettoyé, bâtie. Encore existante de nos jours, le bâtiments,  ses galeries viennent d'être rénovés,  remis en état par les autorités locales sensibles à la culture et au passé et, le lieu est devenu théâtre d'événement culturel en pleine nature. Tari désormais elle fut exploité durant des dizaines d'années par le clergé local adoubé par la science d'alors et l'huile bienfaitrice fut commercialisé à Paris, à Montpellier. Onguent pétrolifère surnageant dans l'eau de la source qui mit la puce à l'oreille aux inventeurs de pétrole qui prospectèrent des siècles plus tard dans les environs afin de trouver la nappe, les nappes susceptibles de cracher à profusion le poisseux liquide.

Mais ceci est un préambule à l'histoire industrielle de Gabian, petit village languedocien paisible, qui fut animée d'une folie pétrolifère au début du 20 ème. Suite à l'invention de notre source à l'onguent apaisant,  quelques siècle plus tard, des sondages ont révélé la présence de pétrole  en deçà de la colline de Cadablès. Dans une petite plaine, environ à  700, 800 mètres du mas, plein sud. Et l'homme s’affaira à percer, à construire à exploiter. Une société Alsacienne pris le chantier en main dans les années 20 et quelques puits de pétrole émergèrent dans le paysage. Iconoclastes les derricks pompaient un pétrole lourd qui, via des charrettes, en tonneaux de fer partaient vers la gare de Gabian afin d’être expédié en Alsace pour être ensuite redistribué sur le territoire.

 

Une véritable industrie vit le jour et le chantier, disparu depuis, a laissé des traces dans la mémoire collective, quelques dalles de béton y ont survécu, quelques éboulis et un espace muséographique dans la salle du conseil municipal vient d’être créé à l'occasion de la sortie de très beau livre de Guilhem Beugnon sur le sujet.

 

La géologie pétrolifère nécessite un concours de circonstance particulier afin que le pétrole issu de sédiments, de matière organique pusse migrer dans le sol, au fil du temps, goûte à goûte et se stocker dans une épaisse couche d'argile pour être ensuite exploité. Le sol de Gabian ne possédant de réserves suffisante vit l'audacieuse entreprise pomper, décliner et s'achever durant les années 50.

 

Point de stetson, de cigare, de pétro-dollars au pays des cigales pour déclencher une ruée vers l'or noir et fort heureusement le cycle paysan, éternel, repris son cours la fièvre retombé, et les vignes, immuables sentinelles continuèrent, un peu froissé par cette concurrence inattendu, un peu moqueuses, un peu railleuses, à nous donner l'or rouge du Languedoc.

 

Preuves, s'il en faut, qu'un sous sol inattendu existe sous nos pieds. Du haut du volcan jusqu’à la plaine pétrolifère existe une complexité géologique indéniable. D'argiles, de basalte, de calcaires nos sols d'une alchimie unique sont gorgés d'eau et les sources ici ou là abondent sur ce secteur particulier. Du temps du pétrole fut même emménagé autour d'une source ferrugineuse dite de "santé " une guinguette où venait s'encanailler le peuple alentour. C'était un lieu de fête, parfois de débauche à deux pas du chantier. La vie était ainsi avant nous. La campagne bien moins calme attirait par cette étonnante découverte les convoitises nationales et des ambitions les plus folles naquirent en Languedoc mais d'autres recherches dans la micro région n'aboutirent pas.

 

La biodiversité a repris le pas sur l’excitation humaine depuis les années 50. La végétation a recouvert les derniers stigmates pétroliers hormis sur la colline où par ci par là quelques tumulus gris issus de carottage, de forage rappellent cette épique époque où l'homme ambitionnait un avenir moins champêtre à Gabian. Le ruisseau a repris son cours, les eaux stagnantes de l'étang croasse les soirs d'été d'une intensité redoublé. La "tanne aux gaz" petit champ, à deux pas du ruisseau, où rien ne pousse, car un gaz sulfureux sortant du sol rejoint ici l’atmosphère en bulle odorante en mémoire des huiles souterraines est le dernier témoin de cette folle épopée.

 

 

 

C'est une agriculture sereine, d'avenir, respectueuse qui a repris le flambeau ici. Au fil des ans le sauvage a gagné du terrain, Les hululements, les meuglements de nos vaches ont remplis l'espace. Le paysage apaisé peu s'endormir serein.

On veille !

 

____________________________

 

 

Je n'ai fait ici qu'évoquer cette histoire ancienne mais il existe, comme je le souligne plus haut, un espace muséographique ainsi qu'un livre sur cette épopée pétrolifère villageoise. En voici les références :

 

  • l'ouvrage :

  •  

     

    «  Gabian, aux sources du pétrole en France « 

    Par Guilhem Beugnon, édition '' Les arts Vailhan'', en vente à la Mairie de Gabian, au centre ressource de Vailhan, au Prieuré de Cassan, par correspondance ( nous contacter).

    espace muséographique : Mairie de Gabian Place de la liberté 34 320 Gabian

  •  

  • Ancien site pétrolifère :  Chemin du pétrole, camin de l'oli, face aux domaines de Cadablés et Verena Wiss.

  •  A visionner la vidéo, ci dessous :

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 17:48
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !

 

 


Par intermittence et récurrence s’abattirent sur le Languedoc des pluies régulières durant ce printemps aléatoire qui affolèrent la population paysanne à plus d'un titre. Le mildiou eut tôt fait de faire son apparition et les moyens de lutte biologique parurent bien dérisoires face à l'invasion exponentielle du champignon condamnant une partie de la récolte. 

L'acceptation est un préalable à cet engagement naturel et, le cœur parfois meurtri à la vue des stigmates , il fallut continuer la lutte à la fois prophylactique et préventive.  Ce n'est pas grave, la sortie était belle et il y aura moins de vendanges en vert et, l'engagement à ne pas traiter par des moyens systémiques tenu jusqu'au bout. Comme un exploit malgré la perte de récolte pas du tout relative.

L'herbe par ailleurs sentit des airs de Normandie et sa croissance accélérée par les chaleurs sudistes envahie le rang de vigne jusqu'à cacher les palissages,  bloquer les broyeurs, affoler les chimiques mais apportant au sol le paroxysme de la biodiversité et un paillage exceptionnel faisant remonter les vers de terre, favorisant le vrombissement des insectes, attirant les oiseaux. Les tâches oranges, bleues, rouges des fleurs disséminées par les vignes, par les talus auréolés d'abeilles butinantes , un ruisseau renaissant, une grenouille, un lézard et la vie biologique, effervescence verdoyante.

'' Du jamais vu en Languedoc '' aux dires des anciens qui ne sont plus à un étonnement , à une approximation prêt excusé par la sacro-sainte expérience dont ils se pâment assis sous le platane en répétant à l'envi que de leur temps tout allez mieux. Du reste, de mémoire, le dernier printemps aussi pourri, remonterait à 32, 1932 ! Une paille.

Un travail harassant, long, vertigineux en tracteur, un exercice intense à la vigne pour palier les caprices météorologiques de ce trimestre exceptionnel ou il fallut repousser nos limites,  notre résilience en lâchant parfois prise sans pour autant laisser tomber. Le naturel est un risque que la chimie à abrogé.  A la recherche des équilibres, parfois au péril de la récolte,  souvent de la rentabilité sans compter sont temps, sa sueur, à tout risquer comme au poker pour satisfaire un idéal,  peut être un  ego, pour donner au consommateur un vin fin, honnête, propre, sain, complexe, généreux.

On a reçu aussi à Cadablès les samedis,  les dimanches, tout le printemps une foultitude d'amateurs éclairés,  de badauds férus de bio qui nous félicitent mais pas plus. Encore des dizaines de rencontres sans prendre le temps de s'arrêter,  le temps d'un congés,  parfois jusqu'à la déraison en ne montrant à nos visiteurs que la partie émergé du grand bazar.

 

On a même vu passé des voitures anciennes pour un repas animé où mes auditeurs passionnés de  bielles, d'écrous, de carburateur ne prêtèrent qu'une oreille polie à mes dires biologiques et agro-écologique.  A quoi bon parfois renseigner les sourds.

 

Ce printemps aura eu la vertu de l'interrogation quant à l'organisation de nos événements futurs tant on se croit parfois au zoo du mauvais côté de la barrière quand certain viennent voir les derniers esclaves de la terre, des bêtes  curieuses qui encore croient en leur idéal et le mettent en réalité. Doit on continuer à recevoir des incultes quasi moqueurs afin de leur montrer qu'une différence agricole est possible ? Ne doit on pas, désormais,  mettre notre énergie ailleurs que dans l'accueil de croquant avec qui l'on veut sincèrement partager mais qui ne peuvent voir, ne peuvent entendre car en écho reviendrai à leurs yeux leur propre nullité.  Les congés de fin de semaine ,venir à Cadablès est plus amusant que les séries débiles et l'on se donne l'impression, sans dépenser un kopeck, de savoir, de comprendre, quasi de s'engager.


Des pluies de printemps point une interrogation, une réorganisation pour pouvoir continuer plus serein, moins incertain , peut être plus pragmatique car les visites apportent aussi le désespoir,  la négation quand elles jugent,  tranchent, elles donneraient presque envie d'aller balancer du glyphosate et repartir en congé,  en week-end à l'aune de l'évolution sociale.

 

Les esprits sympas, dans l'empathie, plus cultivés,  intéressés, sensibles,  épicuriens préféreront l'intimité d'un huis clos plus confidentiel, d'une coterie à l'écoute du vivant. On ne sait toujours pas sous quel format nous allons désormais recevoir mais nous avons  l'intuition qu'il faut changer, évoluer quitte à froisser, à vexer pour faire avancer.

L'oenotourisme ne sera pas chez nous un vaste parc d'attraction pour attirer les gogos lécheurs de marques, promeneurs dominical d'adolescent boutonneux ou de vieillards nostalgiques.  C'est de la joie que nous voulons, de l'énergie,  de la folie de ce qui croient,  qui refondent des étoiles dans les yeux, qui nous donnent envie de répandre la vie, qui nous donnent leur sourire, qui nous éclairent.  Des joyeux quoi !

Nous voulons leurs offrir plus que du vin et en échange de leur énergie, nous leurs produiront de la santé loin du troupeau.

Allo maman bio, papa tango charly. On tiendra bon, suffit il de passer le pont et je vois déjà l'autre berge. Il suffit de faire confiance.  C'est si simple. Puis viendra l'été et la récolte bio, agro-écologique,  comme il faut,  c'est sûr. Et puis, les woofers sont là, internationaux et nous donnent leurs bras, leur ouverture, leur sympathie et c'est en Anglais que l'on cultive l’authentique.

My god.

 

On s'y est engagé et mon poing dans la gueule de ce qui sous  entendent que tout cela est impossible, de  ceux qui osent encore partir sans rien lorsque on leur a consacré une heure de salive.  Promeneurs vexant venant juger, venant jauger ceux qui ont osé , avec  parfois un sourire goguenard aux lèvres.  Les imbéciles heureux qui sont nés quelques part et qui vont nulle part.

De mon hôtel des bords de France,  d'où j'écris ma fatigue éphémère j'aperçois un jet d'eau sur le lac, comme une gerbe immense,  voir atterrir l'évasion,  voir décoller les avions mais je suis passé,  il y a trois jours chez mes amis de Haute Savoie qui savent trouver les mots qui donnent envie de repartir. Si authentiques, si engagés,  si bio, si vrais.  des amis qui à l'instar de  nos façons nous redonnent envie de nous accrocher à la paroi que le consommateur rend si souvent glissante.

 

Mais la vie est belle malgré les printemps douteux pourvoyeurs de mildiou, elle trouve toujours la manière de nous guider dans le bon sens, le bon sens paysan, le sens de l'action, de l'aventure, le sens de notre vérité intérieure et cette fois, c'est au cœur des Alpes, que le vent me chuchota à l'oreille le chemin à l'envers qu'il nous fallait prendre pour ne pas désespérer de nos engagements et, dans une rafale, il me conseilla même, de ne pas ouvrir trop grand nos bras pour pouvoir les refermer à bon escient.

 

                 Et le cœur léger je redescendis vers le Sud répéter tout cela à ma belle vigneronne.

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 07:47
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...

 

 

Ce jour là justement, pas un nuage à l'horizon. Ciel bleu et anticyclone sur le Léman. Le mont Blanc paradait, les cygnes du lac voletaient, Genève lové à l'autre bout avait de faux airs d'Italie tant le ciel azur de cet automne 2014 prenait des allures paradoxales.

 

Nous tremblions un peu malgré la douceur. Le trac, une petite boule imperceptible au niveau de l'estomac malgré la joie d’être reçu cet après midi là, à l’école Hôtelière, pour une visite, une dégustation de vins Suisse et, à ne pas y croire, une dégustation de nos vins, une dégustation de Cadablès, sur deux millésimes. Dans l'attente nous regardions, Christine, Alice et moi les canards du lac et nous leurs jetions de petits bouts restant de notre pique nique bucolique en imaginant l’accueil qui allait nous être réservé.

 

En toutes circonstances : rester soit même. Je tourne la clef dans le contact, c'est parti, on verra bien, et puis nous sommes des gens libre, des vignerons. Après tout, pourquoi pas ?

 

Le tête haute et le pas fier nous pénétrâmes dans l’alcôve reçu par un sourire avenant, chaleureux, pour une visite des lieux qui eurent vite fait de nous impressionner. De couloirs en classes, de la cuisine hyper moderne à la cave tempérée, du restaurant gastronomique jusqu'à la salle de dégustation où nous attendait un groupe de sommeliers, professeurs, directeur. Tout cela réglé comme une horloge. Serrage de mains de circonstance avant de sortir d'un sac à dos nos flacons sous l’œil bienveillant de notre hôte.

 

En toute circonstance : rester soi même. C'est le meilleur moyen de ne pas se trahir.

 

Puis les vins Suisse défilèrent sous nos papilles excités et chacun, dès le troisième vin, allant de ses commentaires à la recherche des qualités intrinsèques de chaque cépage, de chaque assemblage et c 'est dans une joie mesurée qu'il fut question que nous parlions de nos vins.

 

Nous nous lançâmes, ragaillardis par les libations des jus de nos confrères Helvétiques, redevenus nous mêmes, et racontant à l'assemblée nos mérites agricoles, nos façons d'exister, de cultiver, de vinifier, de respecter, d’envisager, de rêver, de faire, de défaire et de remettre à l'enclume nos postures...

 

En plein discours une pensée me traversa l'esprit, " in vino veritas", mais que vont donner les vins, le transport ne les aura t il pas altéré ? Et cette roue des pensées pernicieuses qui se mis à tourner, à tourner lorsque j'entendis , assez clairement d’ailleurs :

 

-" Très bien, très bien, passons à la dégustation de vos vins".

 

Toujours pas de nuage à l'horizon.

 

D'un geste rapide et voulu discret je me sers le premier verre de notre propre vin et Christine, plus délicate, sert nos dégustateurs. Le nez plongé dans mon verre une olfaction magnifique rebondit alors dans mon appendice nasal, une ouverture propice, une ampleur profonde s’élevait de mon verre. Nos vins ne nous laissaient pas tomber, ne nous laissaient pas seul. Ils étaient grands ce jour là, à l'heure H. C'est beau la solidarité.

 

Le Cadablès goûtait ce jour précis idéalement, aidait certainement par l'altitude et le climat. Pas de faux pas, toujours pas de nuage. Le vin roulait dans les palais avec ce son si caractéristique que seuls les professionnels maîtrisent et, lorsque le premier dégustateur posa son verre, nous, suspendu à ses lèvres, après quelques secondes, très mesuré, il déclara :

 

-" ce vin est trop bon, je ne le crache pas ".

 

S'ensuivirent quelques douceur pour nos oreilles de vignerons et c'est ainsi que nous rentrâmes à l’École hôtelière de Lausanne tout fier du travail accompli, de la route parcouru.

 

Pendant ce temps Alice se morfondait dans son coin, souriant de temps à autre poliment, ininterressait par nos adultes discussions et je finis par conclure que nous faisions du vin pour " donner le sourire aux jolies filles". Il fallait bien terminer sur une note facétieuse mais si pleine de vérité.

 

Et le nuage arriva. Trois ans plus tard. Le cloud.

 

La complexité évidente de nos vins poussa nos amis Suisse à les étudier plus avant pour en déterminer la profondeur, la tessiture, la vérité, l'originalité, les émotions et les impressions que ceci pouvaient donner. Pour ce faire plus de deux cent étudiants guidés par leur mentor goûtèrent régulièrement nos vins durant trois ans. Non pas de manière ludique car nous sommes dans une université mais de façon quasi professionnelle car leur impression furent compilés dans un logiciel mis au point, tout spécialement pour l'occasion, par leur professeur. Cadablès au centre d'une étude avec ses vins passés à la moulinette informatique sur un panel de dégustateur mondiaux afin d'en sortir : un nuage !

 

 

Nous y revoilà.

 

Un " nuage de mot" selon les impressions classés en récurrence, selon les émotions rangés en pertinence, selon les subjectivités de chacun le logiciel, mis au point à Lausanne, tri, range, corrige parfois, rectifie, guide dans une base de données de plus de 3000 mots inhérents à la dégustation.

 

Le cloud naquit de trois ans de travail assidu et voici que viennent de sortir les résultats d'une dégustation, à l'aveugle, du premier groupe de 120 étudiants francophones. Vont suivre les résultats Anglo-saxons. Nous allons bientôt savoir ce que le vaste monde pense de notre travail. C'est presque étourdissant.

 

Mais pour l'heure, qu'en disent ils ces jeunes gens formés à diriger, à manager, à organiser, les établissements les plus prestigieux de la planète ? Ne sont ils pas trop formatés ? Ah, pardon, il ne connaissent pas la provenance des vins, tout ceci est fait à l'aveugle, seul, devant un verre, face à leur propres connaissances, à leur propre culture, sans qu’interviennent quelques forces obscures, que ne remontent de leur inconscient quelques messages subliminaux laissés traîner par les uns, par les autres. Une heure de vérité sur notre travail, sur nos méthodes, sur nos idées.

 

La procédure est la suivante : les étudiants remplissent un formulaire libre de dégustation via internet (google form), ce document est anonyme (les étudiants reçoivent un numéro d’identifiant en début de séance). Ils décrivent les vins en respectant juste les phases de dégustation. Dégustation à l’aveugle, le vin a également un numéro d’identifiant.

 

L’ensemble des formulaires se retrouvent ensuite sur un fichier commun servant de base de donnée. Dans cette base de donnée, en parallèle, il y a environ 3000 mots (certains sont parfois en double ou en triple) qui correspondent à des termes qui peuvent être utilisés en dégustation pour caractériser par exemple l’acidité, les tanins…). Le logiciel trie ensuite les mots des étudiants en ne prenant en compte que les mots rentrés dans la base de  donnée.

S'affichent ensuite les nuages de mots correspondant à la séance et cela ouvre une discussion au sujet des impressions entre les profs et les étudiants. On peut éventuellement discriminer en visualisant la dégustation par nationalité, âge, sexe…


 

Deux vins au ban. Chemin à l'envers et champ de pierres. Bouche, nez, conclusion, radar sont les intitulés des résultats sous forme de nuage, sous forme de graphique. Très sérieux tout cela. Et voici, dans le fracas d'un roulement de tambour, les images :

 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
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 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
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 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...
 École hôtelière de Lausanne, Domaine de Cadablès sur un nuage...

Comme une pluie bienfaitrice, de ces nuages où les mots s'emmêlent ressort une diversité, une complexité, certainement une profondeur. Reflets de vin de terroir les nuages montrent à quel point, à l'aune des palais francophone, s'exprime dans nos vins la diversité des couches successives de notre tomographie locale, à coup sur de nos méthodes culturales et, pourquoi pas de notre passion transmise. Ce liquide est tellement mystérieux que l'on doit bien, y donner, même implicitement, un peu de notre âme, un peu de notre amour.

 

Souvent revient le terme " acide, acidité" qui dans l'esprit de nos étudiants reflète surtout la minéralité, la buvabilité. Ainsi ils ne vivent pas l'acidité comme un défaut mais comme une minéralité prégnante. Devront ils, dans l'avenir, se méfier de se terme connotant parfois péjorativement ou bien est il question d'apprentissage, de culture ...

 

Les mots, les mots, les mots parfois surprenant nous renvoient à nous même, à ce que nous pensions de nos vins. Ainsi le champ de pierres plus sombre, plus long, plus difficile d’accès et le chemin à l'envers plus consensuel car la syrah y donne la droiture. Le champ concentré , plus extré à la vinification, plus travaillé vers le fond et le chemin, déjà complexe, mais plus tourné vers l’extérieur a des airs de facilité qui peuvent devenir rapidement factice.

 

Nous aimons à dire que nos vins se boivent sans réfléchir, presque d'un trait, pour sceller un moment en accord majeur méditerranéen lorsque l'alchimie entre le buveur, le plat et le vin se réalise et que l'instant devient unique. N’est ce pas cela le but de la manœuvre ? Donner du plaisir pour raccrocher à sa mémoire des instants de vie, des rencontres, des crépitements de l’âme, des rires enjoués, des projets plein la gueule. Le vin est le reflet de son buveur et va chercher les jours de griserie la sensibilité profonde de chacun si tant est qu'il soit assez fin pour cela.

 

A regarder, la tête en l'air, des nuages, redescendent aussi des surprises ( bas, haut, j'aime pas, sucre... ) étonnante mais lié à la sensibilité de chacun.

 

 

Devons nous plaire à tous ? Certainement pas. Alors qu'un, aime, l'autre, rebute. Alors qu'un " bas " blesse, un " haut" rassure. Alors qu’analytiquement, il n'y en a point, certain ressentent le sucre que nous pourchassons à longueur de vinif. C'est curieux l’être humain, c'est jamais d'accord mais c'est rassurant de diversité.

 

 

Chacun pourra commenter en comparant les nuages à sa propre sensibilité. Chacun pourra, de ces nuages, trouver un sens, chercher, fouiller, se retrouver dans le brouillard ou y voir une éclaircie pour se rendre compte au final, en ouvrant une bouteille de Cadablès, qu'on entre dans un monde de diversité, de complexité, d'échange, d'humain.

Qu' il s'agit là, d'une culture. D'une culture qui va vers l'autre les bras ouverts pour échanger, pour embrasser.

 

Et puis à quoi bon expliquer. Buvons.

 

 

 

 

 

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Ps : Merci à Gildas L'HOSTIS Senior Lecturer - EHL - pour la réalisation de cette étude, pour son aide, pour sa confiance et sa bienveillance.

 

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 18:14
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.

 

                             L'hiver déshabille les vignes et rend le cep squelettique en laissant apparaître l'architecture du bois. C'est le moment, la sève descendu, de l’intervention de l'homme pour tailler.

 

                            Car la vigne se taille. C'est le travail de l'hiver. La vigne se taille car c'est une liane et tout l'art consiste à rabattre les bois, à les orienter, à les sélectionner, à les diriger pour endiguer la puissance printanière qui jaillira l'hiver passé. Pour calibrer une récolte qui devra donner bon. Pour éliminer les bois morts, les in fructuosités, pour sculpter dans le sens, donner l'alignement idoine dans un paysage modelé.

 

                           Moment intime où le vigneron, seul, avec sa vigne, peut observer, prendre le recul nécessaire au temps long.

 

                           Solitaire au centre du paysage à découper pied par pied pour donner une harmonie militaire aux jeunes vignes et réguler une anarchie joyeuse sur les veilles parcelles qui prennent des libertés pour nous donner le nec de nos raisins. Il en est ainsi, la jeune pousse conditionné reste en dessous du vieux pied vermoulu moins aligné. A croire que la liberté rend unique et meilleur.

 

                          Les sarments tirés au centre de la rangé, manuellement, par petits fagots ne sont pas ici brûlés mais réintégrés au sol pour l'apport organique. La boucle est bouclé et la vigne rend ses sarments au sol pour nourrir biologiquement son futur.

 

                          Les nuages se forment au dessus emportés par le vent du Languedoc pour laisser, la plupart du temps, un grand ciel bleu, une lumière emblématique.

 

                          De certaines vignes l'on voit les Pyrénées. Occasion de lever la tête et d'admirer, d'humer, de voir, de chanter une ode à la beauté, de lancer quelques jurons, de se sentir bien en dedans.

 

                        En face, la mer. De coté, des villages lovés, des châteaux engourdis. Plein ouest, la chaîne des Pyrénées. Les cloches des vaches toute proche résonnent jusque là. Les hennissements porté par le vent évoquent la diversité rebattit durant quinze ans à Cadablès. Des instants solitaire et fragile, des instants de vigneron paysan, des instants d’extérieur puissant, d’intérieur pensant. L'homme au milieu de ses terres.

 

                       Le regard se redirige vers la souche pour un geste mécanique, ancestral, bien que nous soyons équipé aujourd'hui de sécateurs électrique prévenant les tendinites à répétition. Faut bien pouvoir continuer à lever le coude.

 

                      Le rythme lent, seul, laisse s'échapper la pensée au dessus. Pilotage automatique de l'expérience nous autorisant à vaquer à des recherches parfois très prosaïque, parfois plus éthérés. Les heures passent comme un éclair, On est bien en vie face au vent, au froid, au grains parfois, mais le plus souvent au grand soleil méditerranéen. Moments indispensable à la compréhension de son métier, à la santé de ses vins.

 

                     Parfois en guise de liberté on laisse échappé un vent, on urine au milieu du rang, on s’arrête, on s'assoit, on sort la pipe, on roule une tige, on parle seul aussi, souvent à la troisième personne, on est le roi au centre de son absolu. L'hiver est un instant à soi, un instant vigneron bien gardé, égoïste, face aux éléments, bien en face. Un moment de ressenti intime où au rythme des choses nous creusons le sillon de l'année.

 

                  Parfois un copain passe. On discute.  Souvent un oiseau passe, On regarde. Et l'univers nous parle. C'est tout simple.

 

                 Bientôt le printemps, les premières visites, le partage mais tous ne comprennent pas, Peu importe...

 

                Et puis le sol. Vivant. Car un sol vit. C'est nécessaire. Une garantie d'avenir. Une foultitude de vers, de micro éléments, de vie invisible mais présente, une organisation millénaire qui transforme, qui englouti pour redonner de l’énergie aux plantes et renforcer le vivant.

 

               On intervient en amendant en engrais bio un an sur deux pour garantir un équilibre. Parfois les bêtes y paissent contre l'herbe et pour les déjections qui naturellement ré enrichissent. Sur d'autres parcelles on couche l'herbe, on évacue les souches mortes, on réintègre de la matière organique, on répare les palissages au besoin, on épand les cendres de l’âtre et à midi il fait bien faim. Et l'hiver passe, tranquille, à la vigne. Ensuite il faudra broyer cette matière enlevé aux ceps, l'enfouir afin que le cycle se termine avant de recommencer.

 

             L'herbe envahi le rang, la vigne. Les petites fleurs, les chardons naissant, le trèfle donnent des allures impressionnistes variant au fil des mois en fonction des pluies, des températures, des vents et des sols. Sols que l'on devra biner, décavaillonner mécaniquement très prochainement. Et l'eau de la colline réalimenté l'hiver par des pluies calme et sereine lorsque de gros nuages bouchent l'horizon. Les alentours verdissent, coulent, flaquent. C'est le moment de retourner au chai, de préparer les mises, les filtrations, les entonnages. Mille petite choses qui font un vin, mille petit détails chaque jours scrutés, analysés , souvent ressentis. La main rugueuse guidé par le cœur pour le geste auguste. C'est un inconscient permanent sans calcul, sans forfaiture. Un risque divin en osant la différence.

 

           Les prémices du printemps tant espéré nous laisserons un pincement au cœur, On regrette déjà l'hiver. Cocon maternel dans lequel on peut s'enfouir pour fuir, retenir un peu plus cet équilibre si subtil où le besoin de terre est plus fort, ou le besoin de vent, de froid, de gel, de pluie, de grand soleil glacé l'emporte sur la douceur le temps d'une saison parfois trop courte.

 

           Et les soirs, rentrés, au bord de la cheminé, dans la cuisine, on boit les copains. On goûte leur vin. Analyse sensorielle afin de mieux se jauger, afin d'y prendre du plaisir mais l'on revient aussi, assez souvent vers nos vins. C'est la fluidité, la digestibilité qui nous attirent chez les autres, chez nous. Recherche permanente d'une subtilité supplémentaire. L'hiver les rouges s'ouvrent mieux, se dévoilent devant le crépitement de quelques souches. Et puis, un peu plus tard, les muscles las par les heures de taille, assoupis par les canons de rouges, on part rêver .

 

         La saison est passé. Le temps à glisser et l'on se prépare, on nettoie les alentours, on vaque à quelques travaux pour mieux recevoir au domaine. Le cycle végétatif redémarrera fins mars, mais ceci est une autre histoire, un autre angle. Pour l'heure les derniers soubresaut de l'hiver nous retiennent au mas, à la terre, en famille, en vigneron.

 

       A l'horizon, pas très loin, le soleil plus chaud, l’extériorisation, l'ouverture pour des rencontres lumineuses vers les autres. Mais ceci est une autre étape, après l'équinoxe.

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