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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 17:12
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.
O corse ile d'amour : Les potiers de Portigliolo.

 

 

 

Lorsque les soirées se prolongent à Cadablès ( en ce moment près de la cheminée ) qu'irrigués du fruit de notre travail nos cœurs s'assoupissent, entre amis nous relatons parfois le temps où nous étions potiers en Corse du Sud. L’époque qui précéda le vin et les questions fusent : pourquoi en sommes nous revenus ?

 

Alors nous racontons, nous déblatérons, nous passons par le menu les raisons et les circonstances de notre radical changement en racontant la vie d'avant, celle de Corse. Et tout naturellement, voyant les yeux écarquillés de nos copains sous le charme de nos accents toniques, je me suis senti tenu de le raconter sur le blog. C'est une aventure de gens ordinaires dans le fond.

 

En voici le premier mouvement. O corse Île d'amour : les potiers de Portigliolo.

 

_____________________________

 

 

A cette époque nous passions des jours heureux sur la rive sud du golfe d'Ajaccio avec nos quatre mioches.

Aimantés quelques années plus tôt par le charme enjôleur de la belle, par ses hivers recroquevillés, par ses étés lumineux, par son esprit insoumis, par son calme protecteur. Tout un tas de chose que l'on ne maîtrise pas forcément et que l'on ne cherche d'ailleurs pas à contrôler. Nos esprits d'artistes avaient à l'époque soif d'idéaux, de renouveau et nous avons quitté dans une juvénile inconscience (qui ne nous a jamais fait défaut) l'arrière pays Biterrois pour nous exiler sur les côtes corses afin d'y pratiquer l'honorable profession de potier céramiste. Et ainsi, à force d'audace, à force d'espoir, à force de travail nous sommes devenus les indétrônables et incontournables '' potiers de Portigliolo'' (20138 Coti Chiavari). Avec nos trois petits, et l'achat d'une maison soufflée dix ans auparavant lors d'une nuit aux reflets bleutés. Cette maison froissée nous l' avons réhabilitée pour lui donner une seconde jeunesse et y créer de la vie. Fallait oser !

A ce propos on ne sais jamais comment naît un projet, au tout début, à la genèse, même presque avant qu'il n'éclose. On ne se pose que longtemps après la question. Mais pourquoi, mais comment ai je pu avoir cette idée, quelle force m'a poussé à franchir, à re franchir, à m’affranchir. Sans aller pour autant chercher dans les tréfonds de la petite enfance, on se souvient rarement quel fut l'élément déclencheur.

Comme dix ans après nous avions la vague impression d'avoir fait le tour de l'île, d'avoir aimé plus que de raison ce petit monde iconoclaste et insoumis, naquit l'idée doucement, insidieusement de re franchir la mer pour aller faire du vin dans nos contrées d'origine après une belle et initiatique expérience sur l'île fière. Comme une envie, presque une lubie alors que le succès auréolait nos mains maculées d'argile, nous décidâmes en toute conscience, sans y être invités instamment, de retourner de notre propre chef entreprendre une nouvelle vie à la campagne sur le continent. Des amis ont bien tenté de nous garder la bas, en insistant avec ce charme qui ne donne pas l'air, tout en chantant les paroles, mais nous avons tenu bon, nous n'avons pas replongé à l'écoute des ritournelles ajacciennes.


Mais ce projet, cette aventure - car ça allait en être une - est bien né dans nos têtes poussé par un hasard farceur. Je me souviens très bien comment cela naquit, je me souviens très bien du déroulement presque inconscient. La folie qui nous prit, l'emballement qui s’enchaîna dans une joie désordonnée poussés au fond par une insoutenable envie de créer, l'écrin insulaire devenu trop étroit.


Cela a commencé par un rêve, une vision !

 

Faut dire qu'à cette époque nous pratiquions déjà le bonheur d'une manière assez intense en famille à deux pas de la plage. La poterie de protigliolo était déjà connue, reconnue et presque institutionnalisée - étape qui viendra après notre départ - et notre atelier ne désemplissait pas. On y discutait de tout, parfois de l'essentiel et toute la bonne société du secteur ne pouvait manquer, entre deux lacets, l'atelier des potiers devenu au fil du temps un incontournable de la rive sud du golfe d'Ajaccio dans les années 90.


Les matins d’été offraient aux lève-tôt, des aurores incroyables, la relative fraîcheur de la nuit s'estompant en quelques vapeurs irisant à peine la méditerranée. Des oiseaux, un bateau croisant entre la côte et les sanguinaires. Sur ma terrasse un café fumant à coté, le regard aspiré par le lointain, un carnet à la main, je tente de dessiner la pièce en céramique dont j'ai eu la vision au réveil. Depuis quelque temps le succès aidant nous avons envie de passer à autre chose, de faire évoluer notre céramique créative, toujours en ébullition d'une nouvelle idée. Et puis ce matin mon rituel - levé au aurore, café, paysage, respiration, émotion, natation, re café, potager, douche et travail - est tout chamboulé, tout remis en question par cette vision de fin de nuit en céramique. Même la tour génoise à deux pas sur l'horizon n'arrive pas à me faire décrocher de mon calepin aspiré par l' interprétation physique de mon rêve.

Au levé, il y a moins d'une heure, j'ai vu un objet, comme je vous vois à travers ma travers ma plume, assez nettement. Un objet en céramique, de forme tronconique, percé de trois trous en son sommet et dans lequel rentraient des guêpes pour ne pas ressortir. Un piège à guêpe. Je le dessine, bof !

 

 Le jour avançant me sort des nimbes doucement, je reprends mon rituel et en remontant de la plage j’égare mon croquis sur un coin de table à l'atelier car la raison qui chasse l'irrationnel à repris le dessus. Je fais une honorable journée de travail entre clients, émaillage et lorsque je remonte sur le tour mon regard oscille vers le crobard et mes mains expertes réalisent assez facilement l'objet qui n'a rien de compliqué à mettre en œuvre.

 

C'est un cône en terre percé de trois trois sis sur une coupelle issu d'une vision dans un demi sommeil qui sèche sur l’étagère d'un potier de bord de mer.

 

Et les jours passent et les footballeurs français entraîne le pays vers un délire collectif et le piège sèche et nous le cuisons et nous l’émaillons et nous l'essayons.

 

O miracle sans nom, en y introduisant une peau de poulet et de l'eau, sous l'assiette coiffée du cône, on voit les guêpes se précipiter par les opercules et ne pas ressortir pour se noyer, tout bonnement repus de matière carnée , tout bêtement. C'est à la fois efficace, écologique et déco.

 

Les copains attablés ce jour là à qui j'avais parlé de l'invention - car entre temps s'en était devenu une dans ma caboche - s’étant d'abord moqué de mon talent de Géo trouve tout, restèrent médusés devant une telle démonstration qui d'ailleurs ne se reproduisit plus jamais avec autant d'efficacité . La chance du débutant qui sourit aux ambitieux et aux rêveurs pour les encourager à commencer un combat. Et à la suite du repas, ému par cette expérience concluante, je déclare tout de go :

 

" cette invention est magnifique par conséquent nous allons déposer un brevet ".

Et nous l'avons fait, enfin, nous l'avons fait faire à une société Parisienne. C'est moins risqué !

 

Entre le maquis et la société de Paris il y a un monde, il y a les relations, le passage, le public et de fil en aiguille lors de discussion à bâton rompus dans notre ''atelier moulin'' de céramique nous avons mis la main sur l'ami, d'un ami, d'un ami qui connaissait dans le milieu parisien de la créativité une entreprise susceptible de....

 

 

C'est ainsi appuyés d'un bon coup de chance que nous partirons quelques mois plus tard à la conquête de la capitale notre invention dans un sac à dos pour embarquer du bien nommé aéroport d'Ajaccio Campo d'ell Oro.

 

Des amis bienveillants nous récupérèrent au sortir de l'escalator d'Orly de peur que nous nous égarâmes dans l'aérogare et nous voilà partis à la conquête de Paris sans complet bleue, la fleur au fusil, l'invention dans le dos. La tour Eiffel, le lendemain nous saluait fièrement arborant un 2000 clignotant soulignant le deuil du siècle dernier.

 

De stations en avenues Haussmannienne, d’arrondissements en quartiers nous arrivons un peu tendus à notre rendez vous et en deux tours de charme, en affichant une assurance un peu patraque, un charme provincial indéniable, une énergie à tout rompre, un sens des affaires relatif, un étonnement exagéré, une empathie démagogique hors du commun que nous finissons invités dans le troqué du coin pour raconter nos aventures îliennes, nos rêvent, nos créations, nos ambitions à un patron d'entreprise innovante ayant pignon sur rue à deux pas du palais Brognart.

 

 

L'affaire est bien parti et quelques mois plus tard un brevet d'invention est déposé, une production dans les Carpates lancée et un contrat de royalties signé avec une ambition planétaire pour la commercialisation de l'objet.

 

Tout cela sans verser un centime ! La Corse en nous poussait alors toute son énergie et notre force de conviction n'avait d'égal que notre envie de réussir et aucune barrière alors, n'eut pu être in-franchis dans nos têtes ensoleillés par l’énergie de nos ambitions et le naturel de nos postures.

 

 

 

 

Nous voilà donc ma belle et moi potiers-ceramistes-inventeurs-créateurs ! Quel succès à peine que déjà nous dépensons mentalement  les liasses qu’indubitablement nous allons gagner et faute de château en Espagne c'est en Languedoc que nous portons notre dévolu en lançant le projet, sans encore un sous en poche, de racheter un château du coté de Saint Chinian (34). Un château et un vignoble, évidemment !

 

 

 

Et l'aventure commença, accroché au moindre appel, nous retrouvant dans des revues plus ou moins à la mode, entendant parler de nous à la radio et voyant , tout excités notre piège à guêpe vendu sur tf 1 au téléachat. Auréolé de toute ces promesses, un peu saoulés de toutes ces perspectives nous vendions plus que bien notre piège à guêpe à notre clientèle locale trop heureuse de notre célébrité naissante. La société Parisienne faisait produire nos designs en Roumanie et les commercialisait à droite à gauche à travers un réseau de magasins pour ustensiles de cuisine novateur.

 

Le projet avançait et il fallait en vendre beaucoup afin que nous touchions une somme substantielle pour assouvir nos phantasmes châtelain. La balle n'était plus dans notre camp lorsque l'été suivant fut un été sans guêpes !

 

 

Entre temps poussés par ma chère et tendre qui avait découvert en Languedoc une demeure casi coloniale, en partie en ruine, surnommé pompeusement '' Chateau des albières '' nous nous lançâmes dans l'acquisition de celui-ci sans pour autant, en tout cas pour moi, avoir visité les lieux.

 

Assez surréaliste, sur les photos, cette bâtisse néocolonialiste fut construite quelques cent ans plus tôt par la famille d'un influent homme politique national perché il n'y a pas si longtemps place du Palais Bourbon.... Vendu peu cher par le conseil General de L’Hérault qu'il fallait convaincre de notre bonne foi, de notre capacité à faire avancer un projet. Mais ceci est une autre histoire, un autre bout du puzzle qui nous mena à Cadablès.

 

La pénurie de guêpe ralentit le projet qui avait du mal à décoller véritablement par ailleurs car le mode de commercialisation via des boutiques de cuisine ne correspondait, selon le langage idoine, pas exactement à la cible consommateur et se retourner vers les magasins de jardinage pourrait éventuellement être une solution afin de mieux atteindre la cible visée. Mais cela prends du temps !

 

Et la vie continua au bord de la cote à projeter d'abord d'agrandir notre maison car un bébé pointait son nez et l'invention devint alors le cadet de nos soucis alors que l'histoire du château prenait forme dans nos esprits de funambules.

 

Un pas après l'autre ! Les grands projet avancent doucement guidés par les remous, les hasards, les rêves, les inventions et les châteaux et d'y croire rends parfois les choses possible mais l'on ne sait jamais par quelle arcane on devra se faufiler.

 

Et après l'été, vint l'hiver et au printemps suivant trop occupés à nos marmots, à nos pots, à notre futur château, à nos amis, à nos passions on s’aperçut que les revenus de l'invention serait plus modeste que prévu. Bien plus modeste !

 

Qu'a cela ne tienne, nous étions inventeurs, nous avions mené notre projet à bout alors même que les copains riaient à gorges déployés à l'annonce de notre ambition.

La réussite relative de la commercialisation de l'objet ne nous appartenait pas et nous ne pouvions qu'influer humblement sur le résultat.

 

Retenir le positif de toute chose, analyser tant que faire ce peu les aléas et avancer coûte que coûte. Adieu château en Espagne ! Nous voulons faire du vin ? Alors en avant : on vends tout, on change de vie et le destin nous sourira, enfin, on espère !

 

Et voici comment nous nous sommes lancés à corps perdu dans la conquête du château des Albiéres après le semi échec de notre fabuleuse invention. Après le premier pas vient le second et ensuite l’énergie vitale porte, chausse les bottes de sept lieux qu'il nous fallut pour aller vers le vin . Nous venions d'apprendre que l'impossible était en cours à travers ce beau projet en poterie.

 

Premier épisode d'une chevauchée de gens ordinaires, chez qui la raison est moins probante que l'intuition, avec des rêves plein la tête, prêt à ré embarquer vers une aventure vinique pour le moins incertaine. On est pas sérieux quand on a 40 ans, d'autant que nous ne les avions encore pas et c'est avec nos quatre enfants que nous voulions passer le Rubicon. Nous allions encore devoir patienter quelques temps, mais dans le fond le temps n'est rien. Seul le bonheur d'exister compte.

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 19:31
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !

 


Nous avons tous un regard. Pas celui des yeux, celui qui passe à travers les yeux, celui qui, au delà de l'iris nous donne une vision, parfois une ambition. Tantôt positif, tantôt négatif, il est plus le reflet de nos émotions que de la réalité. De l'un à l'autre il se mue en diversité, en multiples regards pour se reproduire , se décupler en autant de facettes que d'être. A chacun sa vérité, à chacun son mensonge.

A chacun sa vérité, à chacun son émotion, à chacun son intériorité trop souvent érigée en absolu alors que le regard ne voit que ce que l'on y laisse voir, que ce que l'émotion veut lui montrer, que ce que la prétention veut lui dévoiler, que ce que l'orgueil, le stress, la gentillesse, la méchanceté, la duplicité, la générosité, l'avarice- il y aurait tant à dire-, que sais je, lui laisse entrevoir.


Et c'est ainsi, qu'avec mon regard, pour ne pas déroger à l’immuable règle, j'avais parlé ici même, en juin, de la catastrophe climatique dont nous avons été victime qui laissa tant de stigmates sur nos vignes, qui brûla une partie de la récolte et nous fit croire en une catastrophe quasi inéluctable, une perte sèche de rendement à un point jamais atteint. Les feuillage brûlés, les grappes desséchées atteignirent notre regards jusqu'à en dilater la pupille.

Canicule !

C'était en partie vrai ! C’était au premier regard assez cataclysmique tant les vignes s’usèrent sous les ardeurs du soleil. C'était même totalement vrai tant ce jour de chaleur fut mémorable, tant les circonstances additionnées transformèrent en ce jour funeste de juin nos vignes en barbecue.

Mais la vigne est bonne fille et sa capacité de résilience assez impressionnante. Et la vigne cette année avait presque prévu la catastrophe et avait pensé, comme pour compenser, à faire naître sur ses sarments une récolte potentielle hors du commun et par conséquent laissé, à la sortie, à la récolte une quantité certes moyenne, en tout cas pas catastrophique.

Et notre regard changea encore pour revenir à la raison qui n'est aussi qu'un regard. Les cépages tardifs profitèrent des pluies de septembre et c'est tout naturellement que le raisin restant s’amplifia comme pour crâner devants ses congénères brûlés en juin. Les grappes cramoisies tombèrent, les épargnées gonflèrent et septembre majeur nous réconcilia avec le vignoble à qui l'on tirait la gueule depuis le mois de juin. La récolte fut moyenne, dans les clous pour nous éviter de devenir marteau en retirant l'épée en suspens au dessus de nos têtes.

La canicule derrière nous, ce n'est pas pour autant que l’événement est à gommer de nos mémoires, que le changement, l'évolution du climat est à renier. Un équilibre heureux est apparu au moment même où l'on pensaient devoir se questionner en profondeur.

Les stigmates au vignoble marqueront le phénomène en souvenir d'un jour caniculaire historique. On ne va pas pour autant arroser à tout va nos cultures et raréfier l'essentiel liquide. On va simplement observer, planter plutôt du local, du résistant de l’endémique, augmenter la diversité qu'elle soit végétale ou animale, accepter des rendements plus modestes, plus chiches et se contenter en oubliant encore plus la frénésie locale et culturelle du rendement systématique.

Nous sommes depuis longtemps sur cette pente, pente ascendante au demeurant, sur cette idée afin de ne pas ponctionner plus que la plante ne puisse donner, de ne pas demander plus que nécessaire afin d'optimiser l'essence profonde du terroir et du cépage conjugués en qualité. S'adapter à un environnement changeant, fluctuant au fil de temps par mille petites précautions en se laissant guider pas à pas, tout simplement. Faire une révolution, sans faire trop de vagues, discrètement. Continuer le système mis en place depuis quinze ans ici pour se lover en douceur et s'adapter. Continuer a créer un ensemble logique, une ferme multi adaptée par la diversité de ses cultures, de ses élevages, de ses différences. On y est déjà, tant la diversité ici est de mise et nous ré-attirons à Cadablès fourmis, cigales et papillons depuis longtemps.

 

Dans une époque tournée vers le confort d'une situation stable que chacun espère, nos professions cent fois sur le métier nous font réitérer l'ouvrage dans un risque permanent à la fois excitant mais aussi désespérant. Vigneron bio , vigneron sans fard ni paillette pour aller conquérir un dessein et se prouver que l'on peut aller au delà, bien au delà de la chimie omnipotente en créant un univers bien réel sur le terrain.

Nous sommes des intellectuels de la main qui œuvrons au quotidien, qui risquons par un coup de grisou de perdre l'équilibre car la rareté des filets fait parfois craindre l' irréversible. Alors gardons le regard fixé vers l'horizon, vers nos chimères à contempler le paysage que nous contribuons à créer de nos mains rugueuses , de nos mains pensantes.

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 16:35
Fouzilhon, village Languedocien : avant, désormais...
Fouzilhon, village Languedocien : avant, désormais...
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Fouzilhon, village Languedocien : avant, désormais...
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Fouzilhon, village Languedocien : avant, désormais...

                               

 

                                Le métier de vigneron ouvre à la rencontre. La solitude de la vigne équilibrée par des dizaines de rencontres lors de nos dégustations au domaine, lors de nos déplacements  où nous veillons à distiller la bonne parole par monts, par vaux afin de  promouvoir notre travail, nos vins, notre aventure...

 

                             C'est incroyable le nombre de personnes que nous croisons souvent subrepticement,  superficiellement pour expliquer un cépage, une façon de faire, pour se présenter. Des grands, des petits, des joufflus, des carrés, des ronds aussi, des souples, des qui savent-tout, des qui ignorent pas mal, des curieux, des imbus, des teigneux aussi mais essentiellement des bienveillants, des épicuriens, des marrants, des joyeux, des pour qui l'on fait du vin afin qu'ils y prennent du plaisir.

 

                         Parfois nous allons plus avant. Nous lions connaissance, nous sympathisons et des amitiés naissent autour d'un verre, car le levé de coude est propice à l'amitié. Et nous échangeons, nous déblatérons, nous reconstruisons le monde à l'ombre du micocoulier.

 

                       J'ai rencontré André après avoir connu ses enfants. André est plus âgé puisque ses enfants ont mon age. André a quitté le village pour ses études puis a migré plus au nord pour professer les mathématiques mais a toujours gardé le souvenir ému d'une enfance à la campagne, à Fouzilhon petit village sis à deux pas de Cadablès.

 

                     Lorsque je le croise il me parle du temps jadis, des chevaux, de l'ambiance, de l'épicier et tutti quanti des trémolos dans le voix.

 

                    Comme André est loin d’être inculte, comme André est sensible, comme André a un regard je lui ai proposé d'écrire ce temps là, ce temps passé où le village vrombissait d'une vie plus intense, peut-être plus sage, en tout cas plus rurale, paysanne, authentique. Je lui ai proposé d'écrire son univers du temps où, haut comme trois pommes il gambadait dans les venelles  en circulade, et il s'y est affairé, à trempé sa plume dans ses souvenirs et m'a donné trois textes que je vous livre.

 

                                              __________________________________________________

 

 

Fouzilhon, village Languedocien dans les années 50.

 

                                               

 

 Les commerces et les transports

 

Dans le village il y avait alors une épicerie. On pouvait y trouver les denrées les plus courantes. Dans la semaine passaient régulièrement, un boulanger, un boucher, un charcutier et un marchand de moules. L'arrivée de ces marchands ambulants était annoncée par le garde champêtre. Le vendredi passait un car qui transportait les gens jusqu'à Béziers. Il était aussi possible de se rendre à pieds à Magalas pour compléter les provisions. Les réfrigérateurs n'existaient pas et les denrées se conservaient dans un garde manger sorte de petite boîte au devant grillagé.Il n'était pas possible de conserver longtemps les aliments.

L'entraide en ces temps était nécessaire.

On se déplaçait le plus souvent à pieds dans le village. Les propriétaires de voitures étaient  peu nombreux. Il y avait des voitures tirées par des chevaux. Pour le travail des vignes, le cheval était l'animal à tout faire. Il labourait , tractait les charges lourdes et les comportes de raisins.

 Pour l'acheminement du courrier un facteur se déplaçait chaque jour à bicyclette de Magalas à Fouzilhon été comme hiver . Cela faisait  10 Kms aller retour par tous les temps.

 

Le garde champêtre

 

Il avait des fonctions importantes et multiples dans le village. Il s'occupait de l'entretien des routes et des chemins de terre. Pour cela, il ne disposait  que des outils de l'époque (faux,pioche..).

Il veillait à la propreté du village ce qui était mission impossible en l'absence de ramassage organisé des déchets.Il effectuait divers travaux de maçonnerie et d'entretien des locaux communaux. Il assurait l'information en passant dans les rues du village et en criant «  avis à la population »

 

L'ouvrier agricole

 

Souvent d'origine espagnole il travaillait dur tant à la vigne qu'à la cave ou au jardin du propriétaire.

A la vigne, il faisait les déchaux (tour des souches à la pioche) , la taille , les labours avec le cheval, le sulfatage des vignes au printemps contre le mildiou (ceci avec une sulfateuse à main qu'il fallait remplir  avec l'eau des puits de vigne) le passage du soufre par temps calme sur chaque souche contre l’oïdium.

Il avait souvent en charge une partie de la vinification. Au moment des vendanges il s'occupait du ramassage des raisins, du transport de ceux-ci jusqu'à la cave et du travail de la cave.L'entretien du cheval (nourriture , soin ..) était aussi à sa charge.

 

 Les vendanges, les vendangeurs

 

A l'époque les vendanges se font à la main. Quelques jours avant les vendanges arrivent d'Espagne des familles de vendangeurs. Le propriétaire doit les loger . Ce sont eux qui vont constituer la colle de 10 à 12 personnes qui pendant tout un mois va rentrer la récolte (Ceci pour les gros propriétaires). Le petit propriétaire lui va rentrer sa récolte en famille.

 

La journée de vendangeur  commence tôt le matin vers les 7 heures environ. Chacun arrive avec son cruchon rempli d'eau et son casse croûte. On part à la vigne vers les 8 heures. Le trajet parfois long se fait soit à pieds ou soit pour les plus favorisés, assis sur l’arrière de la charrette. La colle comprend, les coupeurs de raisin avec leur seau, le tireur de seau qui transporte les raisins jusqu'aux comportes, le quicheur  qui avec un outil en bois tasse le raisin,  les tireurs de comportes qui avec deux barres de bois lèvent la comporte par ses poignets et la transporte jusqu'à la charrette et enfin le charretier qui lorsque la charrette est pleine transporte le raisin jusqu'à la cave.

 

Vers 9 heures du matin on s’arrête pour déjeuner en général avec du pain, du fromage et un raisin cueilli dans la vigne. Avec la chaleur le travail devient vite pénible. Heureusement certains racontent des histoires d'autres chantent. On s'amuse à barbouiller le visage du voisin avec des raisins (faire la moustache). Puis vient le repas de midi puis l’après midi se poursuit.

 

Le travail de la cave se fait le soir après la journée . Le raisin que l'on a déposé dans les cuves va fermenter. Le mou  sera ensuite extrait de la cuve et transvasé dans une autre. La cuve qui ne contient plus que le marc de raisin sera ensuite vidée dans le pressoir . Le pressoir dans notre cave était à roue. On faisait tourner la roue qui cognait sur une vis . A chaque choc le raisin était pressé. On recueillait le jus dans un champeau (sorte de cuve en ciment). Le marc sec était sorti du pressoir et vendu à la distillerie.Ce travail de cave venait compléter celui de la journée. Si l'on avait encore un peu de force on allait danser. Le bal des vendanges à l'extérieur ou dans une cave se vivait comme un moment de détente après une dure journée.

 

 Suivant l'époque des vendanges, surtout si elles étaient tardives, le temps se mettait à la pluie (le marin). Il fallait alors travailler dans des vignes gorgées d'eau. On ne pouvait pas laisser la récolte qui risquait de pourrir sur les souches. Les tireurs de comportes s'enfonçaient dans la boue et les charrettes s'embourbaient dans les chemins de terre. Le moral était au plus bas et l'on surveillait de prés la couleur du temps.

 

La vie du village en 1950

 

 Aussi loin que remontent mes souvenirs, Fouzilhon a toujours occupé une place importante dans la vie de la famille.

 

En 1950  Fouzilhon ne ressemblait pas à ce qu'il est devenu aujourd’hui. Tout d'abord, il faut enlever du paysage les voitures. Lorsque l'on traversait le village, on rencontrait seulement des charrettes tirées par de gros chevaux de labours. En effet il n'y avait pas de tracteurs pour labourer les vignes. Il y avait aussi des chiens, non pas des chiens de garde, mais de bons vieux toutous qu'il fallait presque déplacer à la main . Ces gros pépères passaient la plus grande partie de la journée à dormir. Les routes n'étaient pas goudronnées et,  par temps d'orage, elles devenaient de vrais bourbiers.

 

L'eau occupait une place importante dans la vie du village. Elle était rare et ceux qui possédaient un puits  étaient des privilégiés. Les coupures d'eau l'été étaient nombreuses et notre maison avait une réserve d'eau  que l'on activait en cas de coupure. De plus cette eau était de mauvaise qualité et peu agréable à boire. On envoyait les gamins  au pont,  tout à côté de  la mairie,  chercher de l'eau potable. Il y avait une pompe que l'on actionnait à l'aide d'une roue. Le petit cruchon rempli, on revenait à la maison. Pour les puits, ils se trouvaient le plus souvent dans la campagne. A côté du puits, on cultivait le jardin. Il n'y avait pas de pompe mais une poulie avec une chaîne et un récipient que l'on remontait une fois plein.Ces puits, parfois de 10 mètres de profondeur, étaient à ciel ouvert, construits en pierre sèche, et se remplissaient à l'occasion des orages. En été ils étaient pratiquement à sec.

 

  Les WC n'existaient pas. On avait des seaux hygiéniques pour la nuit qu'il fallait vider le matin .Dans la journée on allait dans le jardin ou dans la campagne. Pour les ordures ménagéres, c'était le système D. A côté de chaque maison il y avait  un tas . Heureusement le plastique n'existait pas ni les emballages multiples. Le problème venait des boîtes de conserve en métal (en général de l'aluminium). Une boîte jetée dans la partie haute du village mettait  parfois plusieurs années pour atteindre le bas du village. L'odeur, l'été,  était souvent féroce.

 

 La vie du village suivait le cycle de la vigne. Le temps fort étant celui des vendanges. Chaque gros propriétaire employait plusieurs ouvriers agricoles souvent d'origine espagnole, possédait plusieurs chevaux, avait une cave bien équipée et une écurie. La vigne produisait un vin de mauvaise qualité qui se vendait pourtant bien. Dans le village tout le monde se connaissait et les soirées se passaient souvent en compagnie de quelques voisins. L'été les chaises sortaient devant la porte des maisons et les femmes se racontaient les derniers potins du village. Les hommes jouaient aux boules, non pas à la pétanque,  mais à la lyonnaise (grosses boules et terrain tracé).

 

 Les enfants n'avaient pratiquement pas de jouets mais en confectionnaient. Par exemple, avec du fil de fer on faisait des chevaux, avec une boîte de conserve un fut de vin. Avec des billes de toutes les couleurs  on jouait au tour de France. Mais le bien le plus précieux était la liberté . Le danger était limité tant dans la campagne que sur la route et les parents nous laissaient faire des promenades . C'était alors la recherche des asperges et des champignons. Après la pluie, on allait aux escargots. Moi,  avec mon ami Loulou, je parcourais la campagne à longueur de journée. Il me montrait les espèces de champignons comestibles et je lui faisais découvrir les pierres .

 

La petite école à côté de la mairie était dirigée par Monsieur Vergne un instituteur dévoué et compétant .Il gérait une classe unique de 25 élèves allant du CP au certificat d'études. L'école se situait à l’arrière de la mairie . Il y avait une seule salle de classe et une toute petite cour de récréation.

 

 

                                                                                                      André Viala.

                                                  _________________________________

 

 

                    Le temps est passé et désormais une autre ambiance auréole le village. Village à part, Fouzilhon a su malgré tout rester un peu à l’écart du développement outrancier, a su garder un savant équilibre en se méfiant des sirènes du siècle, en ouvrant ses bras pas plus qu'il n'est nécessaire. Singularité évidente dans un monde rouleau compresseur où l'éclectisme ici,  est de mise.

 

  Fouzilhon :  son église,  sa mairie, son théâtre, ses statues, sa circulade, sa convivialité, ses ragots, ses tronches singulières,  sa population autochtone, sa population venus  d'horizons divers comme autant de balises posés sur les premiers contreforts des Avants Monts, comme un pont entre un passé récent et un avenir harmonieux qui se conjuguera j’espère, un jour ou l'autre en bio absolu par révérence au temps passé.

 

 Fouzilhon à deux pas de Cadablès, un poste frontière, un sas de décompression.

 

 Merci André de votre amitié, de vos mots.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 06:46
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !
Septembre majeur !

 

 

                                Les touristes ont déserté les plages du Languedoc,  certains profitant des derniers rayons arpentent encore l'arrière pays. Tout est plus calme, plus serein, même l'air, les visions ont changés pour laisser place à septembre majeur.

                                Septembre c'est une sorte de résurrection,  une ré éclosion,  un bis de la vie, une deuxième chance avant le déclin hivernal. On prends le temps, on le respire, on élargit l'horizon. Les premiers pétrichors automnaux poussent le vigneron vers l'intérieur et c'est tout naturellement qu'il rejoint sa cave un peu anxieux.

 

                                 C'est le temps du recul,  c'est le temps du vin, c'est le temps qu'il faut, le temps de la patience. Parce qu'il va en falloir du temps de la cueillette à la bouteille.  Du temps que l'on ne peux réduire,  du temps qu'il ne faut pas réduire. Le temps de la passion. Septembre majeur,  comme une idée du bonheur.

                                 C'est la joie de la récolte et la méditation au chai. C'est le rire au couchant autour d'une table les traits tirés,  les dos fourbus. C'est l'intériorité du levant, des matins calmes à écouter le frissonnement des cuves,  à saisir au vol une odeur volatile et subtile. Septembre majeur c'est les cinq sens en action et l'intuition en appui.

                                 La porte de la cave grande ouverte pour recevoir le raisin.  Du dedans on voit le dehors, le soleil se lever. C'est parfois beau à pleurer ces moments d'intimité avec ses cuves.  Le reste de l'année le vigneron passe par la petite porte, confetti de la grande, en courbant l'échine, pour ne pas se cogner. En dehors de septembre on pénètre dans  le chai en baissant la tête,  la porte miniature rend humble, c'est un peu le contraire des ministères.

                                 Les journées encore chaudes mouillent les fronts, les vignes récalcitrantes tordent les dos, les raisins maculent les mains d'un rouge lie de vin et les conversations allant grand train le matin s'estompent vers midi et ne reprendront qu'autour du repas où toutes les audaces sont à nouveau permises. Les soirs  éthérés de flacons, saouls de soleil,  remplis d'amitié comme autant de combattants nous tombons sous les assauts de la fatigue pour rejoindre épuisés nos pénates afin de recharger car demain est un nouveau jour, une nouvelle aventure.  Le vin  aide à dormir, le vin aide à rêver., le  vin aide à créer.

                              C'est le temps du présent.  Septembre majeur où  l'on ne pense même plus au futur,  ou l'on ne pense pas à hier. On vit au présent,  on fait du vin, c'est notre vocation,  notre unique  ambition et pour  nous y aider septembre arrête le temps et emporte avec lui les tracas usuels.

                              La soulenque repas traditionnel de fin de vendanges sonnera le glas d'un mois lumineux , de moments hors du temps faits d'humains, de raisins, d'ambitions mesurées, de jus devenant vins, d'éclats de rire, de cernes, de questionnements , de renoncements et d'étonnements.

                            Le mystère naît dans les cuves sous le regard protecteur du vigneron, du guide,  du berger.

Vendanges  2019 à Cadablès.

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 18:31
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.
CANICULE.

Canicule.

 

 

Depuis hier je cherche un angle. Un angle pour vous parler de ce qui s'est passé. J'ai du mal, je ne trouve pas, puis soudain l'éclaircie, j'ai trouvé : l'angle mort !

 

La saison s'était bien passée et nous avions mis un zèle particulier au travail des parcelles, tant l'année d'avant avec l'invasion exceptionnelle et exponentielle du mildiou, avait semé dans nos têtes le désarroi, l'inquiétude, le trouble et nous voulions pour ce millésime de beaux raisins, des sols nickel et tout ce qui fait le bonheur simple du vigneron. C'était pas mal et ce mois de juin 2019 laissait présager une récolte plus que correcte, intéressante. Nous allions pouvoir nous refaire la cerise et puis le 28 est arrivé. Cataclysmique !

 

C'est en rentrant de chez un caviste que j’aperçus les premiers stigmates. Le soleil au zénith entre midi et deux , ne laissa aucun répits à la plante. Le retranchement des feuilles, le resserrement des cellules, le repli sur soi de la matière n'eut aucun impact sur les coups de butoir de l'astre chauffé à blanc. La vigne a résisté autant qu'elle pouvait et les plans les plus exposés ont chauffés et l'immense souffle brûlant a détruit sur son passage une bonne partie de notre récolte.

 

Nous ne sommes pas égaux devant les péripéties naturelle. Pour le cas, presque surnaturelle, car historique, sans préalable. Les parcelles exposés au plus chaud, les derniers traitements au souffre, les feuilles à cette période un peu plus fragiles en cette saison théoriquement moins chaude ont, comme un fœtus de paille, disparus sous l'intensité ,laissant par endroit des raisins amorphes orphelins de leur protection. Nos vignes à faibles rendement , à faible vigueur n'avaient-elles la capacité de résistance ? Que nenni, Du jamais vu !

 

Le site de Cadablés, pour les bâtiments, date peu ou prou du 16 éme siècle. Nous avons retrouvé dans une vigne une pièce romaine datée du début de notre ère. Un confrère romain l'aura perdu comme nous pouvons perdre désormais un euro tombant d'une poche mal fermée. La vigne est cultivée ici depuis des lustres. Nos successeurs trouveront ils l'euro perdu au hasard d'une dune dans le désert qui s'annonce ? Car le problème est bien celui ci, le climat change. Devons nous le crier, le hurler pour que vous entendiez dans vos cités trop occupés à conceptualiser un avenir robotisé.

 

Fantassins du changement climatique nous, vignerons, paysans sentons bien que quelques choses se passe, que l'évolution devient négative, anormale et les récoltes sur la sellette de plus en plus aléatoires, de plus en plus compliqués à faire aboutir. Mais tout ces efforts consentis, c'est pour vous nourrir, vous faire respirer, vous faire émaner. C'est un don, c'est de l'affection, une forme d'amour, une considération, un égard magnifique.

 

L'angle mort d'une terre asséché, désertifié à grand renfort de consommation outrancière pour perdre l'essentiel en voulant s'offrir le superflu. Il va falloir changer, évoluer. TOUS !

 

En sentinelle de notre environnement, comme une tour de guet nous le sentons de tous nos sens à la vigne, aux champs, aux culs des vaches, de la hauteur de nos collines, de la sensibilité de nos émois et vous le transmettons parfois maladroitement mais avec une sincérité authentique pour ceux que le bon sens n'a pas quitté. Comment faut il s'y prendre pour arrêter l’hémorragie ? Pour arrêter de trimballer 50 kilos d’ego dans une tonne de ferraille, pour "dèclimatiser" et retrouver le goût salé de la sueur, le bonheur de l'effort, pour ne plus s'envoyer en l'air pour un selfie à l'autre bout du monde. La croisière s'amuse pendant que les récoltes brûlent et dans la surabondance artificielle c'est à crédit que nous hypothéquons l'avenir du vivant.

 

Réagissons dans l'action, dans le sens, goûte après goûte en sautant les obstacles joyeusement, humainement pour que demain soit moins violent qu'aujourd'hui,

 

 

 

Dans l'angle mort de mon rétro j'ai vu subrepticement une fleur des champs qui me fit un clin d’œil. Sensation hallucinatoire revigorante, comme une amie, comme un espoir, comme une onde que l'on voit danser au fil du vent pour me dire que j'étais à la bonne place dans mon dessein. Bien ancré dans le sol, la tête au ciel les pieds sur terre pour mettre des pieds au cul aux sourdes oreilles alentours. Pour continuer avec enthousiasme à cultiver nos parcelles millénaires tant que le soleil, la lune, les étoiles m'en laisserons le loisir. Après je me laisserai guider par ma boussole intérieure comme un touareg !

 

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 09:42
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?
Bio or not bio ?

 

Bio or not bio ?

 

Vaste question et beaucoup ont du mal à faire la part. C'est ainsi qu'au cours de nos rencontres, de nos voyages, de nos sorties nous entendons tout à ce sujet, un savant mélange médiatique dans la tête de beaucoup, leur fait prendre des vessies pour des lanternes. La confusion est telle que peu arrivent à déterminer, à expliciter clairement tant le mélange des genres fait loi au royaume de la vigne et du vin et plus largement de la production agricole.

 

 

Conventionnel, raisonnée, bio, bio-dynamique, nature, sans sulfite, agro écologique, local, circuits court et tutti quanti !

 

La sémantique à ses raisons que la raison ignore et c'est en toute logique que l'on nomme conventionnel une agriculture née après guerre et qui s'autorise des molécules dites "chimiques systémiques", des désherbants, des insecticides et toute '' joyeuseté '' de ce genre pour lutter contre les ravageurs. Agriculture promulgué par un modèle, par une société, par un consommateur et qui continue de nos jours à être le point cardinal de notre production. Agriculture qui maîtrise son sujet et qui globalement répond à l'essentiel de la demande. Agriculture qui, au fil du temps, prenant en compte la pression sociétale a créée le label "Agriculture raisonnée" en s'engageant à raisonner l’épandage, à réfléchir au sujet et à ne pas mettre plus que nécessaire de produits dégradants l’environnement. Basé sur un autocontrôle cette vertueuse, un tantinet opportuniste, surfe sur la vague du "tout propre-tout net" et fait toutefois des efforts soutenus, souvent par des subventions pour garantir au consommateur un rapport qualité/prix satisfaisant. Pour le coup, not bio bien que parfois le marketing laisse entendre que la raison l'est à moitié voir au trois quart. Que nenni !

 

Alors bio, what is it ?

 

Une agriculture qui s'engage à suivre le cahier des charges édicté par l'UE, qui s'engage à n'utiliser que des produits de contacts pour ses traitements, à ne pas mettre de désherbants, à ne disposer que de certains insecticides, sous certaines conditions que d'ailleurs les puristes réfutent. Cette agriculture basée sur une philosophie de vie, de culture longtemps caricaturée a existé, de fait, durant des siècles, est aujourd'hui plébiscitée largement par un public de plus en plus féru d'authenticité, de vérité, de naturel à tels point que les industriels commencent à s'en emparer et couvrent le segment d'entrée de gamme du secteur et c'est ainsi que nos grands magasins se verdissent l'ego en tamponnant bio par ci, bio par là. Est-ce un mal ? En tout cas un bon business pour certains.

 

Et les artisans, les artisans d'art du bio, dont on se revendique à Cadablès, vont au delà du bio en associant la cause à un autre mode cultural. Qu'il soit agrécologique, biodynamique il apporte qu'un plus quasi nécessaire et corrobore l’engagement, le souligne, le renforce. Lorsque la limite du cahier des charges Européen est atteinte c'est en vertu de lois millénaire qu'il convient d'agir. A titre d'exemple il n'est pas obligatoire en bio de cultiver toutes ses terres selon la méthode. On peut être, pour le commissaire, en quelque sorte à voile et à vapeur et ne produire que partiellement en bio, partiellement en conventionnel sur la même propriété. Étrange paradoxe !

 

Aller plus avant et associer des notions d'agro-écologie parait alors opportun pour encourager un mode de culture. L'agro-écologie est un grand sac duquel chacun sort sa définition, son concept. Pour nous elle se résume à intégrer la culture – en l’occurrence la vigne – dans un ensemble cohérent, vivant, équilibré à la fois animal et végétal. Pour se faire des méthodes ont été mises en place. Favoriser la biodiversité, réintroduire des animaux sur la propriété, chasser de nos terres la monoculture, encourager la vie sous quelque forme que se soit à la vigne, aux champs, aux friches, aux talus, aux chemins, aux ruisseaux, aux bois pour que l'ensemble exulte. C'est intégrer l'écologie dans un système agricole pour contribuer à la vie, à la survie de celui ci. Un retour vers le passé en promulguant une agriculture paysanne et traditionnelle sans saupoudrer notre label de mesurettes à la mode, d'actions de circonstances mais en prenant des mesures de fond pour un bio vrai, authentique, sans fard et sans ambages.

 

Et aller plus loin encore en stimulant, en affinant, en connectant aux étoiles, à la terre, aux éléments en remettant au centre des préoccupations le rythme, la nature profonde des choses, l'infinitésimale sensibilité de la vie. C'est plus que du bio, c'est de la biodynamie. Un ésotérisme complexe définit par Rudolph Steiner pour l'agriculteur au début du siècle dernier.

 

A l'aide de méthode précise la biodynamie propose de reconnecter le visible à l'invisible. Une sorte d' homéopathie pour la plante. Une finesse d'approche pour dynamiser subtilement et accorder la production en sol majeur. Conséquence logique d'une recherche agricole engagé, paysanne, bio, agroécologique que nous étudions désormais, que nous mettons en place imperceptiblement à l'instar de Monsieur Jourdain parfois sans le savoir. Le temps de l'étude, de la cohérence, de la réflexion, de l’observation passées, pas à pas nous progressons vers ces méthodes.

 

Alors que l'agroécologie n'a pas de label la biodynamie est validé par un organisme ( DEMETER) qui contrôle, encourage, assiste à condition d’être bio. Certain font et ne demandent aucun label. Ce fut longtemps notre cas pour le bio. Sorte de résistance à toute bureaucratie envahissante c'est nos importateurs qui nous y ont poussés. Pour l'heure en bio "officiel" depuis peu nous réfléchissons à aller officiellement plus loin. Nous mettons en place sur le terrain, c'est la l'essentiel et verrons les tracasseries administratives plus tard.

 

Après une saison à la vigne c'est en cave que s'exprime toutes ses prérogatives prises sur le terrain.

Faire du vin nature - là aussi aucun label – sans sulfites et sans levures comme le font beaucoup de nos collègues, nous n'y tenons pas. Nous sulfitons, petitement, très petitement et voulons garantir à nos vins cette stabilité. C'est un choix et par conséquent ne sommes pas nature sans y être trop loin non plus. Des polémiques intestines et nombrilistes naissent dans le milieu sans que le lambda n'y pipe grand chose et chacun allant de son argument dévastateur repousse dos à dos les pros et les anti. A Cadablès nous faisons le vin que l'on aime, naturellement !

 

Ce vin qu'il va falloir vendre en circuit court, en local, à l'export à qui voudra le boire.

En local nous sommes nombreux a nous affairer et l’autochtone aura du mal à ingurgiter toute la production . Et c'est ainsi que nous favorisons en toute logique les circuits court, via des pros, en évitant les intermédiaires afin de distribuer notre travail à travers la France, l’Europe, parfois plus loin. Toucher le consommateur avec le moins d’intermédiaires que se soit en France ou à l'export.

 

Consommateur qui se perd dans toutes ses définitions, dans toutes ses agricultures. Consommateur qui se perd dans ses propres paradoxes aussi, à qui je tente d’éclairer le chemin en essayant d’être clair et concis. Ce n'est pas véritablement facile au regard de certaines étiquettes sans éthique que l'on croise par ci par là élaborées par des services marketing opportunistes qui sans vergogne volent l'image, le travail, la sueur paysanne.

 

Alors pour être sur : que faire ? Se cultiver, lire, questionner, comprendre, sélectionner, visiter, goûter, critiquer, gêner. Trouver chaussure à son pied, vigneron à son palais. Et puis ici même nous pouvons en reparler. C'est un angle, un avis : le notre ! Si vous avez des questions, des avis ? N'hésitez pas...

 

What else !

 

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 08:07
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême
Le baptême

 

Le baptême :

 

Alors cet enfant pourra aller décrocher des étoiles. Il faut donc lui offrir un bâton et un élastique et même peut être, un marteau et des clous et des planches et des genoux cagneux et des cheveux crasseux. ...

 

L' enfance comme on a du mal à y retourner il vaut mieux bien la vivre. En liberté, en simplicité. C'est l'antichambre du bonheur.. Nous, nous avions au moins la liberté inconditionnelle des années 70 où l'on pouvait vaquer sans œil inquisiteur dans les rues alentours, à l'époque où la norme n'avait pas encore imposé son diktat. A l'époque où l'on pouvait à sa guise humer les vents de liberté. Dans les années 90, nos enfants profitèrent de la liberté insulaire où l'espace d'imagination était sans limite sous le regard amusé des corses du village.

 

A moins, que pour la gêner, nous l’informatisions à outrance cette petite, que nous la collions devant des écrans systématiquement, que nous lui interdisions les doigts dans les pots de confiture, les carlingues déglinguées, les cheveux aux vents et la morve au nez à freiner à vélo en usant ses godasses...

 

Après tout nous pourrions en faire un robot bien servile, programmé, sans odeur, sans saveur : serviteur. Nous pourrions au zoo d’attraction lui montrer un monde policé, consensuel, programmé, glissant entre deux rassurantes barrières à ne pas sauter, attiré par la sucrosité du machin qui se dandine au bout de l'allée. Nous pourrions avec elle aduler quelques stars de pacotille et y faire perdre le goût de l'envolée... Nous pourrions tout lui offrir pour faire semblant de trop l'aimer sans jamais trop y parvenir. Nous pourrions et nous pourrions et nous pourrions..... Et nous pourrions tout gâcher à vouloir satisfaire nos phantasmes d'enfant si parfait.

 

Qu'a cela ne tienne nous planterons dans sa caboche des adventices braves gens, nous suivrons nos chemins à l'envers. Nous nous arrimerons à l'espoir d'un décalage, d'un écart de conduite, d'un iconoclasme surgit d'on ne sait où , d'un atavisme douteux, d'une prière païenne. Et ce fut le discours, dont on me chargea le jour de son baptême :

 

«  Comme un symbole d'entrée dans notre famille d'esprit, on te trampouille les pieds dans la fontaine, d'où jaillit une eau si claire, si fluide, si franche, si honnête, par conséquent si opulente pour nous rappeler sous le soleil, que finalement ont revient toujours aux sources. Que la vie, la liberté et la création soit plus forte que tout et, que ton cœur te guide où que tu ailles , quoi que tu fasses. »

C'est avec ces mots que nous l'avons accueillis dans notre clan le jour de son baptême portée au bassin, tremper ses petits pieds, pour une réception civile où nous voulions, comme une genèse, l'esprit haut placé reprendre le pouvoir sur les institutions dépassées depuis longtemps par les événements.

 

Les parents, consciencieux, avaient préalablement fait tout comme il faut, en conscience, en demandant aux autorités de bien vouloir, sur les fonds baptismaux porter l'enfant mais le curé surbooké leur avait sur un ton, répondu d'une façon autoritaire, péremptoire, ridicule. Les injonctions du prélat ecxitérent les parents furibonds et ils me demandèrent de baptiser à la fontaine ma petite fille devant la famille, les convives réunis.

 

Au départ, pour un pied de nez, il était prévu que je me grime en moine mais je préférai élever le débat et ne pas créer de polémique supplémentaire . L'idée déjà de reprendre le pouvoir en mon antre me flattait suffisamment sans que j'aille en plus en rajouter, La cérémonie fut simple, bonne enfant et je ne doute pas que le brave Jèsus fut présent dans l'esprit de beaucoup.

 

Un grade de plus sur nos poitrines gonflés à plein poumons, nos têtes poivre et sel dans les nuages. Nous guidèrent nos invités sous les oliviers où 'ensuivit une garden party de haute tenue et l'enfant naïve, souriante gigotait dans son parc à autant de sollicitude. Une simplicité toute campagnarde et les bouchons sautèrent allégrement et c'est au son des plocs que les gosiers se délièrent pour un après midi de béatitude aigu, de farniente, de rencontres, d'échanges familiaux et amicaux. C'est l'heure où les vieux desserrent les nœuds de cravate, se délestent de la veste, se passent la serviette sur le front alors que les enfants courent encore à tue-tête. On va apprendre des choses !

 

 

La chaleur du mois d' août eut vite fait de nous engourdir. Par ci, par là des hamacs tendus, des bottes de paille sous les oliviers, de vieux fauteuils revisités, un peu de gazon pour patienter jusqu' à la fraîcheur relative de la soirée ou tout recommença sous les lampions, sous les guinguettes donnant une aura bohème à l'endroit. C'est le moment où les vins se re-dégustent, sortent de leur torpeur, s'harmonisent et exhaussent la joie d’être là. C'est de la vie au présent. Du temps que l'on arête l'espace d'un instant et les idées éthérées par la finesse des flacons nous revoilà à parler d'avenir, à détricoter le pays pour en faire un éden, à narguer untel, à encenser un autre. Et les rires fusent et se perdent dans la garrigue alentour sans parvenir au village lové derrière la colline. Et la magie passe au regard de quelques rapprochements improbables, de quelques rencontres incongrues.

 

C'est le baptême. C'est l'avenir que l'on fête dans l'humain. C'est un grade de plus à chacun. C'est un bilan que l'on fait sur soi même. C'est l'espoir d'une continuité. C'est un sourire. C'est la vie dans le sens de la vie un jour lumineux d’août à Cadablès en buvant un peu trop de vin.

 

Quelques semaines avant ce fut un mariage ; étincelant, vibrant. Sur la route de la vie, bien semé, la joie inonde, essaime dans la continuité et le mas, accroché au volcan enregistre dans sa minéralité les vibrations du quotidien pour le transmettre à qui sait écouter.

 

Des instants partagés à l'abri des oliviers pour garder en mémoire la venue d'une enfant et se souvenir un jour que nous avons créé sur les pentes du volcan, que nous avons fait un grand rêve, que nous avons fait du vin !

 

 

 

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 07:47
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
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 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
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 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.
 Débits du beau,  crédits du laid.

Débits du beau, crédits du laid.

 

C'est en se promenant, en musardant, en conduisant sous la limite autorisée que cela saute aux yeux. De bourgs en villages , de bourgades lovées en cités déployées une évidence apparait. Le beau perd du terrain, le laid en gagne. Nos campagnes s'enlaidissent d'un laisser aller architectural, d'un laisser aller paysagé, d'une négligence collective, d'un commerce déclinant poussé dehors par des zones commerciales inaugurées en grande pompe. Et tout un esprit dépérit, s'amenuise au fil du temps pour laisser place à la médiocrité environnementale.

 

Jadis poussèrent ici des bâtiments gracieux du plus humble aux prestigieux comme si le soucis d’esthétique guidait la main des façonneurs, irriguait l'esprit des concepteurs. Les circulades témoins d'un temps révolu, les petites églises, les chapelles, les châteaux, les places de villages animées d'accents toniques et dans les moindres recoins des murets séculaires, des sources bienfaitrices, des croix, des calvaires en souvenir auréolés la campagne d'un charme discret et désuet. Et les haies, les bosquets entretenus, les figuiers, les pêchers au bord des vignes, les petites parcelles et les mazets témoins d'un temps à la culture biologique séculaire.

 

Des souvenirs, des histoires, racontés, embellis, arrangés de générations en générations abondent dans le folklore sudiste, dans la culture de la galéjade, de l'exagération systématique afin que tous comprennent. C'est tout un passé, tout un esprit que le Languedoc.

 

Au fond l'esprit persiste au grand soleil. Cette culture villageoise est encore bien vivante mais le cadre se détériore , le décor de nos élucubrations méditerranéennes perd de sa superbe envahi par l'essor démographique galopant, par des lotissements sans queue ni âme à l'architecture guidée par l'intérêt, par des pancartes aux couleurs criardes, des commerces déguenillés, des autos envahissantes et parfois même des constructions inénarrables autorisées par des alcades peu ouverts à la beauté comme si l'on avait perdu les sens de l 'intérêt commun.

 

La dégringolade coopérative des dernières années a laissé dans le tableau quelques cadavériques constructions à l'abandon total et l'on construit à deux pas dans une frénésie absolue  de nouveaux bâtiments pour aller de l'avant, en gommant un passé qui a du mal a se réinventer.

 

On a presque l'impression que le hameau veut devenir village, le village bourg, le bourg ville en prétention de pacotille pour exploser au regard du voisin . C'est la grenouille de la fable ! Comme une soif de pouvoir sans cesse à étancher pour un développement qui n'a rien de durable, une course en avant égotique ou le moi l'emporte dans une compétition où le commun, le général, le cœur est relégué en dixième division , comme si l'on était sur un carré vert où il faut forcément briller, compétiter alors que l'on pourrait se contenter d'exister et proposer du beau à bout de champ, à bout de rue en s éloignant du panurgisme général. Juste porter le regard de côté , juste faire un peu différent , juste oser, peut-être même devenir précurseur et arrêter d emblée cette folle course en proposant du beau à foison, du plaisir de vivre, du bonheur d être là . Tout simplement! Visiblement nos décideurs ne sont pas simple et ce calquent trop sur la moyenne basse de la pensée commune sans imaginer et sans oser la différence.

 

A l'instar de la presse locale qui nous annonce à grand titre un classement parmi les plus pauvres sans pour autant donner des pistes, nous nous laissons tomber comme une feuille , tourbillonnant au gré du vent, sans réagir, fatalistes en ignorant les trésors enfouis, éblouis par les lumières artificielles d'un développement outrancier et dangereux. En bordure de nos cités urbaines de nouvelles surfaces commerciales pourvoyeuses de précarité, de mauvais goût et de rabaissement culturel fleurissent d année en année comme si le pouvoir de dépense consumériste devenait élastique. On en arrive à doubler les routes, les rails, les zones, foulant du pied un environnement exsangue qui commence à nous rendre la monnaie à grand coup de cataclysmes.

Et arrêter cette course folle, redécouvrir le juste, le bon en éjectant les brutes et les truands pourrait paraitre compliqué mais des initiatives dans tous les sens naissent, émergent, sourdent en essaimant un fol espoir. A quand le basculement !

 

Que nenni ! Le laisser-aller général, le bon niveau de vie, le manque d'appétit , le manque de folie, le manque de confiance inhibe trop souvent les masses mollassonnes et les fait se ré-asseoir devant leur grand écran, ébètés , ébaillis, engourdis pour aller consommer à outrance dans de belles surfaces toutes neuves et tirer une balle dans le pied de leur progéniture sucrifiée. Et pendant ce temps les manipulateurs divisent.

 

Les fleurs des champs ont du souci à se faire à moins qu' elles naissent sous la férule d'un paysan bienveillant dans une réserve où l'on emmènera bientot les bambins excités pour leur montrer la différence entre une chèvre et une vache.

 

Notre bel esprit troubadour survivra t il ? Beaucoup y travaillent bien que l'écrin de nos agitations se rétrécisse. Malgré tout, existe encore des zones préservées, des initiatives heureuses voient le jour et l'espoir d'un monde rural harmonieux se conjugue souvent avec une myriade bienfaisante d'accents de tous horizons sous les frondaisons.

 

Le local en réponse à une mondialisation décomplexée ne serait-il pas un pari que le consommateur pourrait tenter plus avant ? Joyeusement, en donnant, en échangeant, en boycottant, en s’intéressant, en osant, en risquant, en réfléchissant à ses propres paradoxes, en investissant, en achetant. A pratiquer sans modération, presque comme un loisir avec en plus le goût de l'autre.

 

Perte de fébrilité indispensable pour créer ce monde qui point et ne pas rester à la traîne de l’initiative. Pour l'heure, nous, paysan, on sent bien un balbutiement, un embryon que l'on trouve parfois timide, en tout cas loin d’être généralisé mais qui a la vertu d'exister et qui ne demande qu'a croître . Croisons les doigts, croissons ensemble car le jour où l'on aura perdu l'énergie d'une nourriture pleine de sève, pleine de sens et enrichi scandaleusement quelques lobbies nous pleurerons nos paysans disparus en criant à la magouille, à l'énergumène , au complot en oubliant nos responsabilités d'hier, nos consommations de la veille. Nous avons le pouvoir mais nous ne le voyons pas.

 

En s'entourant de beau, on produira du bon car il y a encore de la marge dans nos contrées sudistes , de beaux endroits encore sauvages , non envahis, non débités à mettre au crédit de je ne sais qui mais gare aux ambitieux férus d'affreux développement.

 

L'avenir ici est à conjuguer dans la douce harmonie, dans l'humanisme. Une sorte de retour en arrière, un retro-pédalage pas du tout réac mais réellement progressiste. Les racines !

 

Créditons donc notre avenir de fleurs des champs, d'une robe légère, d'un esprit d'acrobate, d'un rayon de soleil, de sable fin, de vent qui nous parle à l'oreille pour nous dire ô combien il croit encore en nous, pour nous susurrer qu' il voit encore dans ces valeurs désuètes , dans nos sociétés en sueur de courir dix lièvres à la fois, la force d'une main tendue, d'un sourire amical pour nous redonner l' énergie d'exister, de créer. Pour nous rappeler que la proximité est là, à côté .

 

C'est fou ce qu'une promenade bucolique sous la limite autorisée peu faire naître dans nos têtes lorsque l'esprit part en goguette, lorsque l'esprit perd la raison, lorsque le cœur prend le pouvoir.

 

Sans trop se forcer nous avons réussit à changer le climat, en faisant un effort on peut bien changer le monde, si on s'y mettait , chacun, dans son coin, simplement, calmement à se changer soi-même, à entreprendre dans le sens . Alors, peut-être . Utopique ? I don't know !

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 06:34
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.
Vendanges 2018 : les mains . Domaine de Cadablès.

 

 


Des mains bienvenues venues d'Allemagne, d'Amérique, de moins loin aussi, d'à côté  pour sortir des vignes la récolte 2018.  Des mains éclectiques aux doigts larges, aux doigts fins, à la paume généreuse. Des mains entaillées,  maculées, immaculées,  professionnelles,  néophytes,  amicales. Des mains tendus. Des mains à l'avant bras solide, des mains aux épaules larges, des mains qui suent,  des mains qui savent, des mains qui donnent, qui se tendent au hasard des rencontres, des échanges.  Des mains aux coudées franches. Des mains cornées,  des plus tendre.  Des mains qui pensent,  qui ajustent le geste . Des mains qui regardent, qui scrutent dans la pénombre de la cave. 

Des mains de qualité pour un 2018 manuel.


C'est toute la magie de l'intelligence manuelle qui ressort durant les vendanges, les vinifications.  Le geste simple, précis,  essentiel. Guidé par le cœur la main tremble moins et parfois empirique,  parfois académique elle fait, elle fabrique le millésime.

Les petites mains si utiles ramassent, trient, portent, lavent. Pour cela nos wwoofers toujours enclin à de nouvelles expériences ont répondus présent et les amis de Cadablès en relais essentiels apportent leur joie, leur énergie et des rencontres internationales naissent autour de la table un verre à la main. C'est surtout ça les vendanges, une histoire d'humain, une histoire de main.

 

Notre équipe de l'année en possédait une bonne douzaine et celle des amis, des copains s'y joignirent sous le fier soleil de septembre pour couper les raisins, les rentrer,  les encuver,  les égrapper. Il n'y a jamais de mains en trop. Parfois au hasard d'une vigne gronde au loin une monstrueuse machine à vendanger sans main, sans bras, à la cervelle électronique sentinelle d'une viticulture moderne qui a exclu en partie la main, qui a exclu les colles du paysage.



A la vigne, épargnées par ce  foutu mildiou les baies restantes ont profité de belles conditions pour s'exprimer et les premiers jus prometteurs s'affinent en cave guidés par des mains plus expertes. Demi récolte sauvé des affres du printemps sans pour autant inonder de bouillie nos feuillages,  en restant dans la modération de la culture bio. Ce qui est perdu est perdu et le reste des grappes,   saines, très saines nous donnent matière à vinifier  dans des conditions optimales grâce à un climat opportun durant  ce septembre estival où le ciel se croyait encore en été et poussa nos mains sur nos têtes à réajuster nos chapeaux dégoulinant de sueur.

 

Même en demi récolte le travail n'est pas moindre. Les vendangeurs cueillent en colle, chantent parfois en cœur quand le raisin est abondant, quand la chaleur décroit, quand les vendanges finissent.

 

Efforts froissant les dos, maculant les mains d'un rouge lie de vin parfois entaillées par un sécateur trop vif.

 

Joyeuses conversations les matins frais, mutisme monacal les après-midi chauds pour peu que l'on ait bu au repas du midi. La verve reviendra bien plus tard lorsque les dos vrillés par l'effort constant se déplieront, lorsque le soleil descendra dans le ciel pour saluer la colle suante, collante, éreinté.

 

La définition officielle : groupe de vendangeurs de 8 coupeurs, 2 hommes transporteurs de comportes, 1 homme presseur de raisin dans la comporte, 1 videur de seaux. A Cadablès on ne presse plus dans la comporte car il faut garder intactes les baies pour plus de qualité.

 

La récolte achevée le traditionnel repas : " la soulenque" est l'occasion d'agapes, de rencontres, de joies, d’au revoir, de chants, de guitare, Une manière toute languedocienne de saluer l'an qui finit et parler de l'an qui vient, Le roi est mort, vive le roi.

 

La soulenque, encore une occasion de goûter les millésimes passés, toujours en magnum, question praticité.

 

Repas toujours gargantuesque : la peur de manquer, opulence rurale et remerciements inconditionnels pour une soirée où l'esprit éthéré par d'élégantes vapeurs nous utopisons un monde bio, équilibré, humain, sensible.

 

C'est assez simple à la main. C'est traditionnel, presque un peu réac. C'est amical et l'on cultive l'authentique en " polyglotant". Les gens se rencontrent, se parlent, sympathisent, fraternisent. On rient beaucoup surtout, à gorges déployées, ont part aussi parfois sur des sujets plus sérieux où chacun apporte sa pierre à l'édifice, son avis, sa culture, sa différence, sa contradiction.

 

A vrai dire, un peu dépité au départ, nous pensions ne pas avoir la main sur la récolte tant étaient éparses les grappes et c'est la tête enfouie dans les souches, aidés par des mains rassurantes, que nous découvrîmes que la baisse, bien qu'importante, était moindre que l'avaient estimé nos regards noircis par le coup historique de mildiou.

 

Chaque année apporte son lot de désillusion et d'illusion. La main dans le chapeau les astres tous les ans nous resservent autant de surprise pour nous apprendre à lâcher prise, à se dire que ce métier a peut être une fin, à rester humble, que l'on a rien sans rien et nous rappeler que l'on s'est engagé dans une merveilleuse aventure pour le meilleur et le moins bon.

 

Il est l'heure, fin septembre, de se retrancher dans sa cave pour peaufiner les vins, les terminer, les goûter, les analyser, les laisser mûrir, ceci avant l' année d'élevage nécessaire à la qualité. Les mains vont devoir encore agir et réagir et puis, pour boucler la boucle, in fine, on sait déjà, que le buveur final, n'aura plus qu'à mettre, après tout ces efforts consentis, la main à la poche.

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 07:12
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.
 Du pétrole au pays de l'or rouge.





C'est une drôle d'histoire, quasi avec un grand H, car elle remonte, mais bien que locale elle fit couler de l'encre et se promulgua bien au delà du volcan, à des encablures de la colline de Cadablès.  Elle vient de faire - cette histoire - le sujet d'un bouquin. Elle est, dans le fond,  assez extraordinaire,  issu d'un miracle, d'une coïncidence géologique. On a trouvé du pétrole à Cadablès !

 

Du pétrole au pays de l'or rouge ?

Allez c'est parti, je vous explique. Non, ce n'est pas une galéjade, une espèce de fantasmagorie villageoise qui au fil des ans aurait pu, dans nos têtes ensoleillés, voir le jour et se '' légendifier '' à force de répétitions,  de téléphone arabe. C'est une réalité scientifique, probante et bien réelle qui ne laisse aucune place à la poésie ambiante.

On a trouvé du pétrole à Cadablès ! Le même qu'au Texas et l'histoire à commencé au 16 éme siècle lorsqu'on découvrit, au bord de la rivière Tongue effleurant d'un rocher un onguent pétrolifère qui remontait à la surface, mélangé d'eau et à qui l'on attribua, après maintes études, des vertus thérapeutiques indéniables. La source fut alors, au fil des ans exploités, agrandi, creusé, curé, nettoyé, bâtie. Encore existante de nos jours, le bâtiments,  ses galeries viennent d'être rénovés,  remis en état par les autorités locales sensibles à la culture et au passé et, le lieu est devenu théâtre d'événement culturel en pleine nature. Tari désormais elle fut exploité durant des dizaines d'années par le clergé local adoubé par la science d'alors et l'huile bienfaitrice fut commercialisé à Paris, à Montpellier. Onguent pétrolifère surnageant dans l'eau de la source qui mit la puce à l'oreille aux inventeurs de pétrole qui prospectèrent des siècles plus tard dans les environs afin de trouver la nappe, les nappes susceptibles de cracher à profusion le poisseux liquide.

Mais ceci est un préambule à l'histoire industrielle de Gabian, petit village languedocien paisible, qui fut animée d'une folie pétrolifère au début du 20 ème. Suite à l'invention de notre source à l'onguent apaisant,  quelques siècle plus tard, des sondages ont révélé la présence de pétrole  en deçà de la colline de Cadablès. Dans une petite plaine, environ à  700, 800 mètres du mas, plein sud. Et l'homme s’affaira à percer, à construire à exploiter. Une société Alsacienne pris le chantier en main dans les années 20 et quelques puits de pétrole émergèrent dans le paysage. Iconoclastes les derricks pompaient un pétrole lourd qui, via des charrettes, en tonneaux de fer partaient vers la gare de Gabian afin d’être expédié en Alsace pour être ensuite redistribué sur le territoire.

 

Une véritable industrie vit le jour et le chantier, disparu depuis, a laissé des traces dans la mémoire collective, quelques dalles de béton y ont survécu, quelques éboulis et un espace muséographique dans la salle du conseil municipal vient d’être créé à l'occasion de la sortie de très beau livre de Guilhem Beugnon sur le sujet.

 

La géologie pétrolifère nécessite un concours de circonstance particulier afin que le pétrole issu de sédiments, de matière organique pusse migrer dans le sol, au fil du temps, goûte à goûte et se stocker dans une épaisse couche d'argile pour être ensuite exploité. Le sol de Gabian ne possédant de réserves suffisante vit l'audacieuse entreprise pomper, décliner et s'achever durant les années 50.

 

Point de stetson, de cigare, de pétro-dollars au pays des cigales pour déclencher une ruée vers l'or noir et fort heureusement le cycle paysan, éternel, repris son cours la fièvre retombé, et les vignes, immuables sentinelles continuèrent, un peu froissé par cette concurrence inattendu, un peu moqueuses, un peu railleuses, à nous donner l'or rouge du Languedoc.

 

Preuves, s'il en faut, qu'un sous sol inattendu existe sous nos pieds. Du haut du volcan jusqu’à la plaine pétrolifère existe une complexité géologique indéniable. D'argiles, de basalte, de calcaires nos sols d'une alchimie unique sont gorgés d'eau et les sources ici ou là abondent sur ce secteur particulier. Du temps du pétrole fut même emménagé autour d'une source ferrugineuse dite de "santé " une guinguette où venait s'encanailler le peuple alentour. C'était un lieu de fête, parfois de débauche à deux pas du chantier. La vie était ainsi avant nous. La campagne bien moins calme attirait par cette étonnante découverte les convoitises nationales et des ambitions les plus folles naquirent en Languedoc mais d'autres recherches dans la micro région n'aboutirent pas.

 

La biodiversité a repris le pas sur l’excitation humaine depuis les années 50. La végétation a recouvert les derniers stigmates pétroliers hormis sur la colline où par ci par là quelques tumulus gris issus de carottage, de forage rappellent cette épique époque où l'homme ambitionnait un avenir moins champêtre à Gabian. Le ruisseau a repris son cours, les eaux stagnantes de l'étang croasse les soirs d'été d'une intensité redoublé. La "tanne aux gaz" petit champ, à deux pas du ruisseau, où rien ne pousse, car un gaz sulfureux sortant du sol rejoint ici l’atmosphère en bulle odorante en mémoire des huiles souterraines est le dernier témoin de cette folle épopée.

 

 

 

C'est une agriculture sereine, d'avenir, respectueuse qui a repris le flambeau ici. Au fil des ans le sauvage a gagné du terrain, Les hululements, les meuglements de nos vaches ont remplis l'espace. Le paysage apaisé peu s'endormir serein.

On veille !

 

____________________________

 

 

Je n'ai fait ici qu'évoquer cette histoire ancienne mais il existe, comme je le souligne plus haut, un espace muséographique ainsi qu'un livre sur cette épopée pétrolifère villageoise. En voici les références :

 

  • l'ouvrage :

  •  

     

    «  Gabian, aux sources du pétrole en France « 

    Par Guilhem Beugnon, édition '' Les arts Vailhan'', en vente à la Mairie de Gabian, au centre ressource de Vailhan, au Prieuré de Cassan, par correspondance ( nous contacter).

    espace muséographique : Mairie de Gabian Place de la liberté 34 320 Gabian

  •  

  • Ancien site pétrolifère :  Chemin du pétrole, camin de l'oli, face aux domaines de Cadablés et Verena Wiss.

  •  A visionner la vidéo, ci dessous :

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