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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 14:06
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
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Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.
Crédit photo : Charlotte Dubois,  Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.

Crédit photo : Charlotte Dubois, Marina Py, Christine Isarn, Sy cote de Thongues.


L’hiver n’est pas fini et repousse encore un peu l'extériorisation printanière, l’hiver n’est pas fini et nous garde encore au creux de sa sensibilité solitaire.

 L’ hiver au rythme de ses nuits dilatées, de ses jours raccourcis la vigne se recharge en profondeur pour aller chercher dans l’épaisseur de son substrat l’énergie d’une future récolte.

Le vigneron vaque, pépare , anticipe des milliers de choses qui se heurtent parfois dans sa caboche libérée des pressions estivales.


 Fi des surmenages récurrents de nos débuts, place à la sérénité de l'instant. Le temps apaise le semeur.

C’est une saison de bleu froid, de lambeaux de nuages, de rafales intempestives qui nous poussent près de l’âtre de nos pensées, près du feu de notre philosophie personnelle.

La grande lumière Languedocienne irradie le plus souvent les journées et le soleil d'hiver repousse l'horizon au plus loin. C’est la saison des choses simples, des fondations sur lesquelles s’appuiera le reste des saisons : l’automne où tout descend, l’hiver où tout s’ancre en dedans afin d’anticiper les montées au zénith.

Ici, finalement, il faut venir lorsque le froid prend le dessus car l’automne et l’hiver irradient leur magie.
Et puis il y a les gens et c’est là, au hasard d’un chemin, d’une rue, d’une place que tout peut basculer et devenir immense. Mais tous n’ouvrent pas leur porte. Chez nous elle ne ferme jamais vraiment, ouverte aux quatre vents de la fraternité.



A Cadablès quelques travaux ont émaillés les fraîches journées. Un toit qu’il a fallu refaire par crainte qu’il n'écroulat notre dessein, une épaisse dalle qui agrandit notre cave pour enfin travailler plus à l'aise. Il faut du temps dans ce métier pour conclure ses désirs et les hivers relativisent notre impatience à avancer en nous donnant le temps nécessaire au recul. Un antidote à l’orgueil excessif.

Les bâtiments du domaine demandent une attention particulière. Le vieux mas au creux de la colline dont les premières pierres furent posées fin quinzième siècle fait l'objet de rénovations quasi-permanentes. Témoin d'un passé laborieux, architecture rurale il fait face à la plaine en épiant discrètement les châteaux dix-neuvième afin de leur rappeler que tout vient du sol et que tout y retourne.

La taille de décembre a laissé place au travail du sol car l'hiver n'est pas fini. Les vins de l'an passé s’affinent en silence et nous goûtons parfois l'évolution. Encore recroquevillés il  faudra aux rouges un peu de temps, il leur faudra faire leur " Pâques" alors que les blancs et les rosés seront mis en flacons prochainement.

Les coups de fil et les visites à nos cavistes, nos restaurateurs, nos importateurs, nos distributeurs bras armés de notre production, remplissent les jours qui filent vers le renouveau. Cette année ce sont les Américains qui repointent leur nez à l'export, les Belges, les Suisses et les Français ne faisant jamais défaut.

Les copains, les amis, la famille toujours présents passent, et les bouteilles s'ouvrent avec une dévote allégresse. Et l'on échange autour du feu des idées, des projets, des nouvelles. Mille banalités d'une importance absolue qui font œuvre de joyeux quotidiens arrimés à nos humaines convictions.

Cet hiver nous avons accroché deux médailles de plus à nos poitrines gonflées de grand-parents en l'espace d'une semaine. De vraies médailles en or massif pour la pérennité, douce prospérité du temps qui passe.


Tout cela est bienheureux, tout cela est bien, honnête, sans ambages et l'on est presque nostalgique d'une saison qui va fuir et laisser place aux bourgeons. Le cycle va repartir, la vigne va pleurer, les feuilles renaître, l’énergie revenir et la nostalgie chassée par l'avenir ne sera plus qu'un souvenir lorsque reviendront les prémices estivaux.

Le travail s'intensifie à la vigne, passé le monologue de la taille. Respiration essentielle la taille est derrière, la fraîcheur peut encore perdurer pour retenir la sève quelques semaines et nous laisser une liberté de plus avant la pousse.


L'hiver n'est pas fini, il est encore nécessaire pour mieux appréhender l'avenir, retenir encore au foyer nos âmes damnées à la terre, pour ajouter un trait d'union avant le grand printemps.

Mais celui-ci sera un autre air de guitare, plus enlevé. Les nouvelles sont bonnes !

 

 

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commentaires

P
comme toujours j adore!!
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G
Bravo pour tes mots si vrais Bernard encore une fois. Félicitations pour les récompenses méritées sur ce chemin de la vie qui même à l'envers, mérite d'être doucement arpenté et consolidé.<br /> Amitiés.
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