La période des bons vieux !
L’automne où tout descend entraîne novembre dans sa décroissance et les jours de pluies nos esprits s’entremêlent au passé dans une effluve de chrysanthèmes. Les bonheurs surannés, les paroles non-dites, les étreintes desserrées sombrent souvent devant un marbre froid mais l’esprit inlassablement continu à chercher. A chercher nos bons vieux, car la camarde absout comme le fleuve emporte, et le temps se contracte en interrogation quasi philosophique.
Mais pourquoi ne nous parlent-ils pas d’un ailleurs incongru ? Ne nous guident-ils pas dans les méandres du présent pour pérenniser l’apprentissage de nos folles années ? Mais pourquoi, mais comment ?
A moins que ce soit nous aveugle à l’évidence et que leur voix qui se sont tus s’expriment de là-bas en délicates métaphores qu’il faudrait écouter avec nos émotions. La pierre froide des tombeaux pleure en novembre et la bruine recouvre doucement les protocolaires visites comme pour dire que le temps n’est rien et que la vie continue pour ciseler l’amour que nous devons donner. Donner pour espérer monter aussi qu’eux et peut-être plus haut à l’élan de leur tremplin car dans le fond nous ne sommes que continuité. Notre travail est de résoudre, comprendre un petit peu, transmettre et avancer…
Transmettre en donnant, même si nos bons vieux nous ont laissés pantois. En donnant de la joie qui survit au désordre, en donnant cet esprit qui accompagne les belles aventures. En captant les mots mêlés, les émotions diffuses et les signes probants à travers le miroir. En rentrant à l’intérieur de soi pour mieux ricocher de soleil et un tas d’autres choses qui souvent nous échappent.
Nos bons vieux à l’automne nous invitent à regarder le sol, à respirer l’humus et ce jusqu'au solstice où nous reprendrons pieds pour ne pas oublier à Noël de fêter, de protéger les plus parcheminés qui ont tant à nous dire. Et l’an qui suivra sera une autre vie...
Pour ne pas regretter il faut ouvrir ses bras. Ouvrir ses bras à l’avenir en faisant un clin d’œil au passé et ne pas les laisser choir ici ou là dans un nauséabond abandon sous de fallacieux prétextes si facile à trouver.
Et ce n’est peut-être même pas un sens des responsabilités mais plutôt un continuum qui nous lie à l’histoire comme pour mieux sauter joyeux vers l’avenir que nous créerons. Car la joie doit rester la boussole intérieure pour traverser les méandres qui nous tombent des cieux que l’on maudit parfois. Et nos bons vieux en ont bien traversés des tempêtes impossibles, des labyrinthes infernaux pour nous permettre d’exister aujourd’hui. D’exulter un peu trop péremptoire de temps à autre, en pensant avoir tout inventé. Nous ne sommes in fine que la suite logique, le maillon de la chaîne, l’engrenage, la courroie qui ne doit pas lâcher car la liberté est à nouveau en danger. Non pas comme elle le fut jadis mais en danger d’en avoir trop abusé de cette liberté, de ce libre arbitre et d’avoir piétiné, foulé du pied jusqu’à notre oxygène.
Mais qu’aurons-nous à raconter lorsque ridés jusqu’à la moelle, on nous demandera ? Si ce n’est que nous avons bus le calice jusqu’à la lie sans se préoccuper de l’avenir des nôtres.
Ces quelques lignes me sont venues, sont sorties de ma plume nostalgique en écho à un thème trouvé sur les réseaux sociaux : parlez de vos ancêtres. Et puis ça a jailli. Et je vous les livre tel quel en espérant que tout cela ne vous déplaise.
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