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5 juillet 2025 6 05 /07 /juillet /2025 10:35
Pessimisme ambiant !
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Pessimisme ambiant !
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Pessimisme ambiant !
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Pessimisme ambiant !
Pessimisme ambiant !
Pessimisme ambiant !
Pessimisme ambiant !
Pessimisme ambiant !
Pessimisme ambiant !

 

 

 

 

ll est des engagements que l’on ne peut voir avec les yeux, pour les percer il faut utiliser le cœur. Cette passion brûlante de la vie rurale, de la campagne, de l’agriculture biologique, du vivant au sens large est souvent teintée de doutes car elle vit en instabilité sur le rasoir de l’économie... Et dire qu’elle est d’une importance capitale pour l’équilibre du monde est un euphémisme mais les autres, ceux en cravate qui décident de notre sort, ceux en goguette qui pourraient nous consommer en masse, sont dévorés par d’autres pulsions... Cette vie est un combat contre l’absurdité, une sorte de quête mystique où s’insinue l’adversité dans tous ses états. Il y a les engagés qui nous ouvrent vraiment leurs bras mais la masse est plus discrète. Heureusement grâce aux premiers, la joie vient souvent illuminer les matins radieux et sublimer les soirées d’été...


 

Nous sommes si peu in fine, à cultiver de façon biologique. C’est à se demander si nous ne brûlons pas parfois la chandelle par les deux bouts tant l’adversité vient heurter nos postures paysannes. Ces petites choses qui paraissent bien dérisoires au commun des mortels, nous les vivons aux premières loges d’une pièce en plusieurs actes. La biodiversité qui vacille, la santé de la plante, l’évolution du temps qu’il fait, l’artificialisation de la vie… L’harmonie naturelle vers laquelle nous tendons semble de moins en moins plébiscitée par le chaland lambda. Il faut s’essouffler trop souvent de la vigne à la cave, de la terre au bureau pour compenser. La visibilité brumeuse des marchés en ces périodes troublées, devient pour certain d’entre-nous un tunnel dont il sera compliqué de s’extraire.


 

On s’inquiète toujours un peu ne sachant en agriculture à quelle sauce nous pourrions être dévorés et les médias souvent enclins à la catastrophe inéluctable ne poussent pas vraiment à l’optimisme débridé.


 

Plus largement les revues spécialisées parlent de crise de surproduction à la vigne , d’une profession exsangue dans divers coins de l’hexagone. Les uns pour se manifester tourneboulent les panneaux, les autres s’interrogent et s'adressent à l’État sans pour autant chercher à maîtriser leur production, demandent et re-quémandent des aides substantielles. Le toujours plus reste une posture dont il est difficile de s’extraire. Jusqu’à présent cahin-caha les choses se stabilisaient d'elles même d’un an sur l’autre mais des regards avisés semblent dire qu’il se passe à la vigne des soubresauts d’une vigueur considérable. On se demande parfois si les gens n’ont pas cessé de picoler d’un coup d’un seul poussés au cul par la propagande hygiéniste qui à toujours un sale coup au fond de son sac à malice. Profitant au passage pour ratisser plus larges les potomanes hygiénistes se font des coups de pub subventionnés sur l’échine courbé de la viticulture nationale.


 

Ah, la viticulture fleuron bleu, blanc, rouge qui vacille de sa stèle. Dont l’immense minorité propose du bio ou du nature, surnage au creux de la vague dans un océan de doutes. Qui de la poule ou de l’œuf dans nos têtes sur-informées fait naître le désarroi. Ici ou là quelques langues confraternelles se délient et l’on sent bien un malaise certain. D’autres comme nous sans doute, se sentent obligés d’intensifier les manœuvres commerciales pour ne pas perdre trop de terrain.


 

Pessimisme noir pour certain, de fin de saison pour d’autres. Les marchés, qui ne sont que la réponse des consommateurs à nos productions, traînent la pattes, claudiques comme s’ils étaient grisés par de légères vapeurs. A moins qu’il n’y ait surproduction industrielle et que les acheteurs noyés dans un océan de pif ne sachent plus séparer le bon grain de l’ivraie en renvoyant les vertueux biologiques aux calendes grecques pour améliorer leurs marges substantielles. On délire même parfois à se demander si à l’instar de 1907 on ne re-fabrique pas à nouveau du vin artificiel. ‘’ Vive le vin naturel ‘’ criaient alors les pioupious de Marcelin Albert happés par une crise sans fin qui les mettaient sur la paille en leur laissant à peine de quoi croûter le quotidien. Alors que chacun va de sa spéculation pour expliquer les remous, nous courons sans cesse au diable vauvert pour ne pas trop avoir à le tirer par la queue.


 


 

Que nenni, c’est quand même curieux que la production biologique, peau de chagrin du vin hexagonal, ne connaisse pas une embellie exponentielle. N’y aurait-il pas en dessous de la scène des scélérats soufflant le chaud et le froid naviguant en eaux troubles pour déstabiliser le radeau de notre agriculture paysanne ou plus simplement le monde en mouvement se désintéresse-t’il d’une culture séculaire ? Chacun ira de sa spéculation et les moments de doutes excuseront notre paranoïa.


 

Les doutes d’un début d’été caniculaire naissent d’un cycle de vie. L’on sait que nos têtes encore remplis du surplus de travail du printemps vont se décontracter à l’ombre d’un tilleul au bord d’un lac de montagne. Et l’énergie reviendra en cascade car la vie que l’on promulgue à la vigne ne nous a jamais, au grand jamais, laissé tombé. La fatigue passagère n’est en aucun cas une lassitude de fond et notre énergie rebondit depuis plus de vingt ans au rythme des travaux saisonniers. Et fin juin nous sommes souvent au creux.


 

C’est dire mais nos états d’âmes passagers sont bien dérisoires. Il se joue par ailleurs de vrais drames car deux confrères, l’un bordelais, l’autre bourguignon, ont mis fin à leur jours au printemps alors que l’on entend, ici où là dans le milieu, l’angoisse croissante monter du fond d’un désespoir. On tend l’oreille et forcément, cela laisse des traces sur un moral entaché par l’adversité et l‘on se questionne :


 

- ‘’ Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ‘’ A l’horizon de Cadablès juste un ciel à peine voilé, un léger ramollissement compensé pour l’heure par notre énergie à défendre nos valeurs cardinales sur les routes de l’espoir. Nous n’avons jamais voulu ici devenir les pdg de notre propre entreprise mais en rester les artisans d’art et partir sur les chemins en vanter les mérites.


 


 

Savant mélange entre la sédentarité de la vigne, du vin et l’itinérance d’un commerce équitable. Rester dans la maîtrise à deux, en amoureux pour ne pas se laisser envahir et garder une saine ambition à admirer la vie s’écouler… L’ambition démesurée n’annihilerait-elle pas la beauté du jour naissant ? C’est troublant de tout vouloir et ne pas regarder croître l’essentiel à nos pieds et, pire, désormais, le détruire sciemment à vouloir tout consommer, tout conquérir. Faisons confiance à la vie, au partage, à la sobriété et cueillons l’instant comme une fleur immense, comme un monde naissant.


 


 

Il est des engagements, des vies que l’on ne peut voir qu’avec le cœur. Quand les rides commencent au coin des yeux, à déposer de l’expérience l’optimisme balaye les velléités, les soubresauts, les embûches que la vie pose sur le chemin afin que l’on s’y prennent les pieds et que l’on se relève ! Que l’on se relève aguerris mais heureux d’être à peine écorchés, d’avoir compris que le verre à moitié vide à toujours tort et que la joie est une rigueur qu’il vaut mieux cultiver. Lorsque l’on parle de bouchon les uns pensent bagnoles et autoroutes, les autres bouteilles à vider ! Et c'est ainsi sur le chemin de la vigne que nous continuons encore et encore persuadés de plus en plus que le meilleur vin est celui que l'on partage.


 


 

 

 

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commentaires

D
De tout ❤️ avec vous ! Courage et ne rien lâcher ?!!👍😏☺️ Merci de nous partager vos doutes et vos espoirs . Et toujours avec une aussi belle plume !😊😊<br /> DOM
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B
Merci Dominique. En quelque sorte pour partager je sors ma plus belle plume ! J’essai de mettre en mots nos doutes mais aussi nos espoirs et suis heureux lorsqu’un retour par un commentaire, par une discussion mais aussi parfois par un sourire bienveillant passe me remercier et echanger... On imagine pas à quel point l’échange et le partage sont important car ils donnent des angles différents qui ameliorent les perspectives....<br /> <br /> Merci de me lire. Amitiés. Bernard
A
Ces derniers jours de canicule malgré l'ombre du micocoulier et la fraîcheur du rosé n'ont pas entravé ton optimisme . Partageons encore ces doux produits de vôtre dur mais épanouissant labeur. Bisous
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B
Nous ne tomberons pas dans le pessimisme ambiant. Gardons espoir, bien entourés !