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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 19:31
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !
Le regard !

 


Nous avons tous un regard. Pas celui des yeux, celui qui passe à travers les yeux, celui qui, au delà de l'iris nous donne une vision, parfois une ambition. Tantôt positif, tantôt négatif, il est plus le reflet de nos émotions que de la réalité. De l'un à l'autre il se mue en diversité, en multiples regards pour se reproduire , se décupler en autant de facettes que d'être. A chacun sa vérité, à chacun son mensonge.

A chacun sa vérité, à chacun son émotion, à chacun son intériorité trop souvent érigée en absolu alors que le regard ne voit que ce que l'on y laisse voir, que ce que l'émotion veut lui montrer, que ce que la prétention veut lui dévoiler, que ce que l'orgueil, le stress, la gentillesse, la méchanceté, la duplicité, la générosité, l'avarice- il y aurait tant à dire-, que sais je, lui laisse entrevoir.


Et c'est ainsi, qu'avec mon regard, pour ne pas déroger à l’immuable règle, j'avais parlé ici même, en juin, de la catastrophe climatique dont nous avons été victime qui laissa tant de stigmates sur nos vignes, qui brûla une partie de la récolte et nous fit croire en une catastrophe quasi inéluctable, une perte sèche de rendement à un point jamais atteint. Les feuillage brûlés, les grappes desséchées atteignirent notre regards jusqu'à en dilater la pupille.

Canicule !

C'était en partie vrai ! C’était au premier regard assez cataclysmique tant les vignes s’usèrent sous les ardeurs du soleil. C'était même totalement vrai tant ce jour de chaleur fut mémorable, tant les circonstances additionnées transformèrent en ce jour funeste de juin nos vignes en barbecue.

Mais la vigne est bonne fille et sa capacité de résilience assez impressionnante. Et la vigne cette année avait presque prévu la catastrophe et avait pensé, comme pour compenser, à faire naître sur ses sarments une récolte potentielle hors du commun et par conséquent laissé, à la sortie, à la récolte une quantité certes moyenne, en tout cas pas catastrophique.

Et notre regard changea encore pour revenir à la raison qui n'est aussi qu'un regard. Les cépages tardifs profitèrent des pluies de septembre et c'est tout naturellement que le raisin restant s’amplifia comme pour crâner devants ses congénères brûlés en juin. Les grappes cramoisies tombèrent, les épargnées gonflèrent et septembre majeur nous réconcilia avec le vignoble à qui l'on tirait la gueule depuis le mois de juin. La récolte fut moyenne, dans les clous pour nous éviter de devenir marteau en retirant l'épée en suspens au dessus de nos têtes.

La canicule derrière nous, ce n'est pas pour autant que l’événement est à gommer de nos mémoires, que le changement, l'évolution du climat est à renier. Un équilibre heureux est apparu au moment même où l'on pensaient devoir se questionner en profondeur.

Les stigmates au vignoble marqueront le phénomène en souvenir d'un jour caniculaire historique. On ne va pas pour autant arroser à tout va nos cultures et raréfier l'essentiel liquide. On va simplement observer, planter plutôt du local, du résistant de l’endémique, augmenter la diversité qu'elle soit végétale ou animale, accepter des rendements plus modestes, plus chiches et se contenter en oubliant encore plus la frénésie locale et culturelle du rendement systématique.

Nous sommes depuis longtemps sur cette pente, pente ascendante au demeurant, sur cette idée afin de ne pas ponctionner plus que la plante ne puisse donner, de ne pas demander plus que nécessaire afin d'optimiser l'essence profonde du terroir et du cépage conjugués en qualité. S'adapter à un environnement changeant, fluctuant au fil de temps par mille petites précautions en se laissant guider pas à pas, tout simplement. Faire une révolution, sans faire trop de vagues, discrètement. Continuer le système mis en place depuis quinze ans ici pour se lover en douceur et s'adapter. Continuer a créer un ensemble logique, une ferme multi adaptée par la diversité de ses cultures, de ses élevages, de ses différences. On y est déjà, tant la diversité ici est de mise et nous ré-attirons à Cadablès fourmis, cigales et papillons depuis longtemps.

 

Dans une époque tournée vers le confort d'une situation stable que chacun espère, nos professions cent fois sur le métier nous font réitérer l'ouvrage dans un risque permanent à la fois excitant mais aussi désespérant. Vigneron bio , vigneron sans fard ni paillette pour aller conquérir un dessein et se prouver que l'on peut aller au delà, bien au delà de la chimie omnipotente en créant un univers bien réel sur le terrain.

Nous sommes des intellectuels de la main qui œuvrons au quotidien, qui risquons par un coup de grisou de perdre l'équilibre car la rareté des filets fait parfois craindre l' irréversible. Alors gardons le regard fixé vers l'horizon, vers nos chimères à contempler le paysage que nous contribuons à créer de nos mains rugueuses , de nos mains pensantes.

 

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