Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 17:48
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !
Allô maman bio !

 

 


Par intermittence et récurrence s’abattirent sur le Languedoc des pluies régulières durant ce printemps aléatoire qui affolèrent la population paysanne à plus d'un titre. Le mildiou eut tôt fait de faire son apparition et les moyens de lutte biologique parurent bien dérisoires face à l'invasion exponentielle du champignon condamnant une partie de la récolte. 

L'acceptation est un préalable à cet engagement naturel et, le cœur parfois meurtri à la vue des stigmates , il fallut continuer la lutte à la fois prophylactique et préventive.  Ce n'est pas grave, la sortie était belle et il y aura moins de vendanges en vert et, l'engagement à ne pas traiter par des moyens systémiques tenu jusqu'au bout. Comme un exploit malgré la perte de récolte pas du tout relative.

L'herbe par ailleurs sentit des airs de Normandie et sa croissance accélérée par les chaleurs sudistes envahie le rang de vigne jusqu'à cacher les palissages,  bloquer les broyeurs, affoler les chimiques mais apportant au sol le paroxysme de la biodiversité et un paillage exceptionnel faisant remonter les vers de terre, favorisant le vrombissement des insectes, attirant les oiseaux. Les tâches oranges, bleues, rouges des fleurs disséminées par les vignes, par les talus auréolés d'abeilles butinantes , un ruisseau renaissant, une grenouille, un lézard et la vie biologique, effervescence verdoyante.

'' Du jamais vu en Languedoc '' aux dires des anciens qui ne sont plus à un étonnement , à une approximation prêt excusé par la sacro-sainte expérience dont ils se pâment assis sous le platane en répétant à l'envi que de leur temps tout allez mieux. Du reste, de mémoire, le dernier printemps aussi pourri, remonterait à 32, 1932 ! Une paille.

Un travail harassant, long, vertigineux en tracteur, un exercice intense à la vigne pour palier les caprices météorologiques de ce trimestre exceptionnel ou il fallut repousser nos limites,  notre résilience en lâchant parfois prise sans pour autant laisser tomber. Le naturel est un risque que la chimie à abrogé.  A la recherche des équilibres, parfois au péril de la récolte,  souvent de la rentabilité sans compter sont temps, sa sueur, à tout risquer comme au poker pour satisfaire un idéal,  peut être un  ego, pour donner au consommateur un vin fin, honnête, propre, sain, complexe, généreux.

On a reçu aussi à Cadablès les samedis,  les dimanches, tout le printemps une foultitude d'amateurs éclairés,  de badauds férus de bio qui nous félicitent mais pas plus. Encore des dizaines de rencontres sans prendre le temps de s'arrêter,  le temps d'un congés,  parfois jusqu'à la déraison en ne montrant à nos visiteurs que la partie émergé du grand bazar.

 

On a même vu passé des voitures anciennes pour un repas animé où mes auditeurs passionnés de  bielles, d'écrous, de carburateur ne prêtèrent qu'une oreille polie à mes dires biologiques et agro-écologique.  A quoi bon parfois renseigner les sourds.

 

Ce printemps aura eu la vertu de l'interrogation quant à l'organisation de nos événements futurs tant on se croit parfois au zoo du mauvais côté de la barrière quand certain viennent voir les derniers esclaves de la terre, des bêtes  curieuses qui encore croient en leur idéal et le mettent en réalité. Doit on continuer à recevoir des incultes quasi moqueurs afin de leur montrer qu'une différence agricole est possible ? Ne doit on pas, désormais,  mettre notre énergie ailleurs que dans l'accueil de croquant avec qui l'on veut sincèrement partager mais qui ne peuvent voir, ne peuvent entendre car en écho reviendrai à leurs yeux leur propre nullité.  Les congés de fin de semaine ,venir à Cadablès est plus amusant que les séries débiles et l'on se donne l'impression, sans dépenser un kopeck, de savoir, de comprendre, quasi de s'engager.


Des pluies de printemps point une interrogation, une réorganisation pour pouvoir continuer plus serein, moins incertain , peut être plus pragmatique car les visites apportent aussi le désespoir,  la négation quand elles jugent,  tranchent, elles donneraient presque envie d'aller balancer du glyphosate et repartir en congé,  en week-end à l'aune de l'évolution sociale.

 

Les esprits sympas, dans l'empathie, plus cultivés,  intéressés, sensibles,  épicuriens préféreront l'intimité d'un huis clos plus confidentiel, d'une coterie à l'écoute du vivant. On ne sait toujours pas sous quel format nous allons désormais recevoir mais nous avons  l'intuition qu'il faut changer, évoluer quitte à froisser, à vexer pour faire avancer.

L'oenotourisme ne sera pas chez nous un vaste parc d'attraction pour attirer les gogos lécheurs de marques, promeneurs dominical d'adolescent boutonneux ou de vieillards nostalgiques.  C'est de la joie que nous voulons, de l'énergie,  de la folie de ce qui croient,  qui refondent des étoiles dans les yeux, qui nous donnent envie de répandre la vie, qui nous donnent leur sourire, qui nous éclairent.  Des joyeux quoi !

Nous voulons leurs offrir plus que du vin et en échange de leur énergie, nous leurs produiront de la santé loin du troupeau.

Allo maman bio, papa tango charly. On tiendra bon, suffit il de passer le pont et je vois déjà l'autre berge. Il suffit de faire confiance.  C'est si simple. Puis viendra l'été et la récolte bio, agro-écologique,  comme il faut,  c'est sûr. Et puis, les woofers sont là, internationaux et nous donnent leurs bras, leur ouverture, leur sympathie et c'est en Anglais que l'on cultive l’authentique.

My god.

 

On s'y est engagé et mon poing dans la gueule de ce qui sous  entendent que tout cela est impossible, de  ceux qui osent encore partir sans rien lorsque on leur a consacré une heure de salive.  Promeneurs vexant venant juger, venant jauger ceux qui ont osé , avec  parfois un sourire goguenard aux lèvres.  Les imbéciles heureux qui sont nés quelques part et qui vont nulle part.

De mon hôtel des bords de France,  d'où j'écris ma fatigue éphémère j'aperçois un jet d'eau sur le lac, comme une gerbe immense,  voir atterrir l'évasion,  voir décoller les avions mais je suis passé,  il y a trois jours chez mes amis de Haute Savoie qui savent trouver les mots qui donnent envie de repartir. Si authentiques, si engagés,  si bio, si vrais.  des amis qui à l'instar de  nos façons nous redonnent envie de nous accrocher à la paroi que le consommateur rend si souvent glissante.

 

Mais la vie est belle malgré les printemps douteux pourvoyeurs de mildiou, elle trouve toujours la manière de nous guider dans le bon sens, le bon sens paysan, le sens de l'action, de l'aventure, le sens de notre vérité intérieure et cette fois, c'est au cœur des Alpes, que le vent me chuchota à l'oreille le chemin à l'envers qu'il nous fallait prendre pour ne pas désespérer de nos engagements et, dans une rafale, il me conseilla même, de ne pas ouvrir trop grand nos bras pour pouvoir les refermer à bon escient.

 

                 Et le cœur léger je redescendis vers le Sud répéter tout cela à ma belle vigneronne.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Agnès Allart 15/06/2018 09:54

Merci d'avoir partagé sur notre page facebook :)
On vous suit :) On aime vos vins et vos méthodes :)
Bonne continuation et hello to the wwoofers!