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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 18:14
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.
 Travaux d'hiver à la vigne, la saison où l'esprit vagabonde.

 

                             L'hiver déshabille les vignes et rend le cep squelettique en laissant apparaître l'architecture du bois. C'est le moment, la sève descendu, de l’intervention de l'homme pour tailler.

 

                            Car la vigne se taille. C'est le travail de l'hiver. La vigne se taille car c'est une liane et tout l'art consiste à rabattre les bois, à les orienter, à les sélectionner, à les diriger pour endiguer la puissance printanière qui jaillira l'hiver passé. Pour calibrer une récolte qui devra donner bon. Pour éliminer les bois morts, les in fructuosités, pour sculpter dans le sens, donner l'alignement idoine dans un paysage modelé.

 

                           Moment intime où le vigneron, seul, avec sa vigne, peut observer, prendre le recul nécessaire au temps long.

 

                           Solitaire au centre du paysage à découper pied par pied pour donner une harmonie militaire aux jeunes vignes et réguler une anarchie joyeuse sur les veilles parcelles qui prennent des libertés pour nous donner le nec de nos raisins. Il en est ainsi, la jeune pousse conditionné reste en dessous du vieux pied vermoulu moins aligné. A croire que la liberté rend unique et meilleur.

 

                          Les sarments tirés au centre de la rangé, manuellement, par petits fagots ne sont pas ici brûlés mais réintégrés au sol pour l'apport organique. La boucle est bouclé et la vigne rend ses sarments au sol pour nourrir biologiquement son futur.

 

                          Les nuages se forment au dessus emportés par le vent du Languedoc pour laisser, la plupart du temps, un grand ciel bleu, une lumière emblématique.

 

                          De certaines vignes l'on voit les Pyrénées. Occasion de lever la tête et d'admirer, d'humer, de voir, de chanter une ode à la beauté, de lancer quelques jurons, de se sentir bien en dedans.

 

                        En face, la mer. De coté, des villages lovés, des châteaux engourdis. Plein ouest, la chaîne des Pyrénées. Les cloches des vaches toute proche résonnent jusque là. Les hennissements porté par le vent évoquent la diversité rebattit durant quinze ans à Cadablès. Des instants solitaire et fragile, des instants de vigneron paysan, des instants d’extérieur puissant, d’intérieur pensant. L'homme au milieu de ses terres.

 

                       Le regard se redirige vers la souche pour un geste mécanique, ancestral, bien que nous soyons équipé aujourd'hui de sécateurs électrique prévenant les tendinites à répétition. Faut bien pouvoir continuer à lever le coude.

 

                      Le rythme lent, seul, laisse s'échapper la pensée au dessus. Pilotage automatique de l'expérience nous autorisant à vaquer à des recherches parfois très prosaïque, parfois plus éthérés. Les heures passent comme un éclair, On est bien en vie face au vent, au froid, au grains parfois, mais le plus souvent au grand soleil méditerranéen. Moments indispensable à la compréhension de son métier, à la santé de ses vins.

 

                     Parfois en guise de liberté on laisse échappé un vent, on urine au milieu du rang, on s’arrête, on s'assoit, on sort la pipe, on roule une tige, on parle seul aussi, souvent à la troisième personne, on est le roi au centre de son absolu. L'hiver est un instant à soi, un instant vigneron bien gardé, égoïste, face aux éléments, bien en face. Un moment de ressenti intime où au rythme des choses nous creusons le sillon de l'année.

 

                  Parfois un copain passe. On discute.  Souvent un oiseau passe, On regarde. Et l'univers nous parle. C'est tout simple.

 

                 Bientôt le printemps, les premières visites, le partage mais tous ne comprennent pas, Peu importe...

 

                Et puis le sol. Vivant. Car un sol vit. C'est nécessaire. Une garantie d'avenir. Une foultitude de vers, de micro éléments, de vie invisible mais présente, une organisation millénaire qui transforme, qui englouti pour redonner de l’énergie aux plantes et renforcer le vivant.

 

               On intervient en amendant en engrais bio un an sur deux pour garantir un équilibre. Parfois les bêtes y paissent contre l'herbe et pour les déjections qui naturellement ré enrichissent. Sur d'autres parcelles on couche l'herbe, on évacue les souches mortes, on réintègre de la matière organique, on répare les palissages au besoin, on épand les cendres de l’âtre et à midi il fait bien faim. Et l'hiver passe, tranquille, à la vigne. Ensuite il faudra broyer cette matière enlevé aux ceps, l'enfouir afin que le cycle se termine avant de recommencer.

 

             L'herbe envahi le rang, la vigne. Les petites fleurs, les chardons naissant, le trèfle donnent des allures impressionnistes variant au fil des mois en fonction des pluies, des températures, des vents et des sols. Sols que l'on devra biner, décavaillonner mécaniquement très prochainement. Et l'eau de la colline réalimenté l'hiver par des pluies calme et sereine lorsque de gros nuages bouchent l'horizon. Les alentours verdissent, coulent, flaquent. C'est le moment de retourner au chai, de préparer les mises, les filtrations, les entonnages. Mille petite choses qui font un vin, mille petit détails chaque jours scrutés, analysés , souvent ressentis. La main rugueuse guidé par le cœur pour le geste auguste. C'est un inconscient permanent sans calcul, sans forfaiture. Un risque divin en osant la différence.

 

           Les prémices du printemps tant espéré nous laisserons un pincement au cœur, On regrette déjà l'hiver. Cocon maternel dans lequel on peut s'enfouir pour fuir, retenir un peu plus cet équilibre si subtil où le besoin de terre est plus fort, ou le besoin de vent, de froid, de gel, de pluie, de grand soleil glacé l'emporte sur la douceur le temps d'une saison parfois trop courte.

 

           Et les soirs, rentrés, au bord de la cheminé, dans la cuisine, on boit les copains. On goûte leur vin. Analyse sensorielle afin de mieux se jauger, afin d'y prendre du plaisir mais l'on revient aussi, assez souvent vers nos vins. C'est la fluidité, la digestibilité qui nous attirent chez les autres, chez nous. Recherche permanente d'une subtilité supplémentaire. L'hiver les rouges s'ouvrent mieux, se dévoilent devant le crépitement de quelques souches. Et puis, un peu plus tard, les muscles las par les heures de taille, assoupis par les canons de rouges, on part rêver .

 

         La saison est passé. Le temps à glisser et l'on se prépare, on nettoie les alentours, on vaque à quelques travaux pour mieux recevoir au domaine. Le cycle végétatif redémarrera fins mars, mais ceci est une autre histoire, un autre angle. Pour l'heure les derniers soubresaut de l'hiver nous retiennent au mas, à la terre, en famille, en vigneron.

 

       A l'horizon, pas très loin, le soleil plus chaud, l’extériorisation, l'ouverture pour des rencontres lumineuses vers les autres. Mais ceci est une autre étape, après l'équinoxe.

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commentaires

Gilles 16/01/2019 08:37

Merci Bernard pour cette jolie présentation en mots qui viennent du cœur, du travail du vigneron amoureux et respectueux de sa terre.
Amitiés